Les vins de Bordeaux veulent reprendre pied dans les restaurants bordelais

Jean-Philippe Déjean

Cité du vin Bordeaux
REUTERS/Regis Duvignau

Jean-Philippe Déjean

Cité du vin Bordeaux
REUTERS/Regis Duvignau
Il n'y a pas assez de bordeaux servis dans les restaurants de Bordeaux. C'est ce constat paradoxal, pour ne pas dire contre nature, que l'ODG (organisme de défense et de gestion : ex-syndicat viticole) des bordeaux et bordeaux supérieurs, dont le siège se trouve à Beychac-et-Caillau (Gironde), a décidé de combattre ce mercredi 3 avril en débarquant à Bordeaux avec armes et bagages. Pas question pour autant de traquer de supposés restaurateurs récalcitrants. Après tout la France est un pays libre où l'on peut vendre le vin que l'on veut, y compris à Bordeaux.
D'où l'organisation, ce mercredi 3 avril à la Grande poste, rue du palais Galien à Bordeaux, d'une manifestation très conviviale baptisée "Les Halles de l'AOC". Avec comme accroche "Fiers de nos Bordeaux, Fiers de nos couleurs".
L'ODG a pour l'occasion mobilisé 33 de ses viticulteurs et invité 140 restaurateurs de la ville et alentour à venir goûter un large échantillonnage de la production de vins en Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Un rendez-vous organisé en mode dégustation, avec tout un ensemble de petites tables où les restaurateurs ont pu s'initier au vin de Bordeaux grâce à une grande palette d'échantillons, accompagnée de plats pour travailler sur l'accord (déterminant pour ces professionnels) mets et vin. Parmi les restaurateurs ayant fait le déplacement à la Grande Poste on pouvait remarquer Vivien Durand, étoilé Michelin et Chef du Prince Noir, à Lormont.
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La viticultrice ne veut pas donner de détails mais le succès marketing des vins signés Château Tariquet (Gers), avec un blanc semi-liquoreux qui a fait date, y compris à Bordeaux (rappelons qu'il a été conçu par le célébrissime œnologue bordelais Denis Dubourdieu - Ndlr), et même des Côtes de Gascogne (Gers, Landes Lot-et-Garonne), où l'on peut tomber sur des assemblages à six cépages (comme avec Pellehaut) ne passent pas inaperçus, y compris dans le saint des saints bordelais. Ceci sans compter sur le puissant impact des rosés de Provence. En tout cas cette première initiative des bordeaux et bordeaux supérieurs va se poursuivre cet été avec le lancement d'une campagne de communication à partir du mois de juin.
Affichettes, posters et formations gratuites d'une demi-journée sur les bordeaux destinées aux restaurateurs : cette opération va même aller un peu plus loin.
Un mouvement de reconquête silencieux est en marche dans les restaurants du port de la Lune, mais il ne sera pas de tout repos.
Jean-Philippe Déjean