Affaiblis, les vins de Bordeaux doivent survivre à un fléau inédit : le Covid-19 (1/5)

Jean-Philippe Déjean
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Agence Appa/Thibaud Moritz

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Un mois après le début du confinement provoqué par la pandémie de Covid-19, la filière viticole bordelaise est, comme la plupart des autres secteurs d'activité, en état de choc. Cette imprévisible attaque virale est un nouveau coup de massue sur un vignoble qui ne s'est pas encore remis des conséquences de l'épisode de gel dévastateur de 2017. Si l'année dernière n'a pas été totalement mauvaise, les perspectives d'amélioration n'ont cessé de se dégrader, jusqu'à ce que les vins de Bordeaux se retrouvent tout près du gouffre.
A la fois minés par un marché national en recul et des ventes à l'export menacées d'effondrement. Le plan de relance dévoilé en fin d'année par le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), présidé par Bernard Farges, n'a pas encore eu le temps de produire ses effets. Le confinement mis en place pour faire face au coronavirus a littéralement gelé le marché, au moins dans un premier temps. Mais tandis que la majorité de la population reste cloitrée chez elle et que le nombre de salariés travaillant à l'extérieur de leur domicile a fondu, le vignoble ne dort que d'un œil.
Car la vigne est en pleine pousse. Après la taille des sarments, qui se concentre en général en janvier et février, les pieds de vigne se couvrent de feuilles, ce qui oblige notamment à les éclaircir pour garantir un meilleur développement des fleurs, qui donneront ensuite les grappes. Or l'hiver a été doux et la pousse de la vigne a encore pris de l'avance. Dans ce cadre végétal d'une grande vivacité le coronavirus, qui s'attaque aux hommes, est devenu une nouvelle menace, qui vient s'additionner aux risques dévastateurs que courent déjà les plantes avec le gel et la grêle.
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L'orage qui a touché la Gironde ce vendredi 17 avril 2020 a rappelé le caractère quasi foudroyant des chutes de grêle, ces dernières ayant violemment frappé les domaines viticoles de la région de Saint-Emilion, sans compter ceux du Bergeracois. Et le coronavirus, qui oblige a modifier la façon de travailler et de circuler, c'est encore autre chose.
Jean-Philippe Déjean