57 millions d'euros pour subventionner l'arrachage sanitaire de près de 10.000 hectares, soit pas loin de 10 % du vignoble bordelais. Alors que le portail d'inscription doit ouvrir dans les tous prochains jours après le feu vert de Bruxelles, les représentants de l'État et de l'interprofession des vins de Bordeaux ont enchaîné les réunions en Gironde ce lundi 13 novembre pour présenter les détails et le fonctionnement de ce plan très attendu pour répondre à la crise structurelle du vignoble. À Beychac-et-Caillau, entre Bordeaux et Libourne, plus de 200 vignerons et prestataires viticoles sont venus en découvrir les détails et n'ont pas manqué d'exprimer leurs doutes sur son fonctionnement très contraint à tous points de vue.
Âprement négocié depuis un an par les représentants de l'interprofession (le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux et le Syndicat des vins AOC de Bordeaux & Bordeaux Supérieur), le plan d'arrachage est composé de deux enveloppes pour aboutir à une aide de 6.000 euros par hectare de vignes arrachées. La première abondée par l'État au titre de la renaturation - jachère ou reboisement - est dotée de 38 millions d'euros et vise donc la subvention de 6.300 hectares. La seconde, alimentée par un emprunt de l'interprofession, prévoit 19 millions d'euros pour financer l'arrachage de 3.000 hectares au profit de la diversification agricole, en clair remplacer les vignes par des oliviers, kiwis, chanvre, houblon ou toute autre culture, et même de l'élevage.