La qualité n'est plus sacrée. À force de subir les assauts des crises économique avec l'inflation, sanitaire avec la maladie hémorragique épizootique qui touche les cheptels bovins, et climatique, la profession agricole doit faire des choix pour ne pas subir l'asphyxie. Les aléas font augmenter les coûts de production à un moment où le consommateur boude les produits bio et autres labels synonymes de prix plus élevés.
À l'occasion des vœux exprimés devant la presse ce 18 janvier, la Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine a brandit la nécessité de maintenir la compétitivité de son système productif. « On avait centré notre agriculture sur une production de qualité sauf que cela concerne des marchés où la demande est en baisse », pointe Luc Servant, président de la chambre d'agriculture régionale et élu du syndicat FNSEA. Avec l'inflation, les prix des produits fabriqués en France ont augmenté davantage que ceux des produits importés. Pour rester attractifs, les représentants se disent prêts à proposer des denrées « un peu moins haut-de-gamme ».
Un rétropédalage sur la transition vers les labels de qualité et les pratiques agro-écologiques. Mais que les représentants assument alors que les producteurs des poulets Label rouge de Loué ont par exemple décidé de fermer 200 poulaillers. « On veut accompagner les jeunes candidats à l'installation sur des projets viables », cadre Luc Servant. Autrement dit, pas la peine pour eux de poursuivre des objectifs de surfaces bio ou de développement de filières vertueuses si le marché n'est pas réceptif. Et ce même si la Région Nouvelle-Aquitaine et l'État ont signé en décembre un pacte bio pour voler au secours des producteurs.