Le couperet va tomber le 24 février, lors de l'ouverture du Salon international de l'Agriculture (SIA), prévu à Paris jusqu'au 3 mars. Si les causes de la colère des agriculteurs ne sont pas résolues avant cet événement hyper médiatisé, ils ne se contenteront pas des traditionnelles « photos (du président de la République et des ministres, ndlr) avec les vaches », a prévenu le président de la Fnsea, Arnaud Rousseau, lors des voeux à la presse du puissant syndicat agricole le 10 janvier.
La menace d'un Salon de l'agriculture chahuté avait déjà été proférée par la Fnsea et son « petit frère », le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA), le 30 novembre, à l'issue d'une rencontre avec le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, et quelques jours avant un rendez-vous avec Elisabeth Borne. La Première Ministre avait fini par céder à la pression, en acceptant d'abandonner deux mesures prévues dans le projet de loi des finances 2024 et dénoncées par les agriculteurs : une hausse de la redevance pour pollution diffuse (RPD), perçue sur les ventes de pesticides, et une augmentation cette fois de la redevance pour prélèvement sur la ressource en eau pour l'irrigation.
L'avertissement intervenait alors après plusieurs semaines de manifestations organisées un peu partout en France à l'appel de JA et de la Fnsea. Sous le slogan « On marche sur la tête », les agriculteurs avaient retourné les panneaux signalétiques indiquant le nom des communes, pour illustrer un « monde à l'envers ».