Vin : le vignoble de Bergerac bouscule la logique de terroirs
Emmanuel Langlois
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Racheté en 2021, le vignoble Les Verdots a décidé de tourner le dos aux appellations.
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Racheté en 2021, le vignoble Les Verdots a décidé de tourner le dos aux appellations.
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La famille Scheufele, propriétaire de l'horloger et joailler suisse Chopard, avait ouvert le bal en 2012 en achetant le château Monestier La Tour, à quelques pas de Bergerac. Un an plus tard, deux frères, Yi Zhu et Hongtao You, s'offraient le château La Salagre à Pomport, devenant alors les premiers Chinois à investir dans des vignes en Dordogne. En 2019, les Américains Frank et Riki Cambpell s'étaient eux laissé séduire par le château de Fayolle, un domaine de 50 hectares dont 13 hectares de vignoble.
Quant à Róbert Wessman, il en est lui déjà à sa... troisième propriété en bergeracois, le vignoble des Verdots, à cheval sur les appellations Bergerac et Monbazillac, qu'il a achetée il y a trois ans. « On s'est dit qu'on allait produire à Bergerac un vin avec des caractéristiques proches de celles du terroir de Saint-Émilion, qui n'est qu'à une heure de route plus à l'ouest. Et on y arrive ! », s'enthousiasme James de Roany, PDG de la maison Wessman et ancien de LVMH.
Le milliardaire islandais s'est offert ce domaine de 50 hectares pour la bagatelle de 5 millions d'euros, murmure-t-on, bien moins cher qu'une propriété dans le Médoc. Róbert Wessman a fait fortune dans les biotechnologies. Déjà propriétaire depuis 2005 du château de Saint-Cernin et de son domaine viticole, à 3 kilomètres de là, ainsi que du Clos Maine Chevalier, l'homme d'affaires venu du pays des vikings dispose désormais d'une centaine d'hectares de vigne en Dordogne. « Róbert Wessman a littéralement acheté son premier château sur internet juste parce qu'il le trouvait magnifique et qu'il n'était qu'à quelques kilomètres de l'aéroport de Bergerac, poursuit James de Roany. Il a pensé que ce serait commode d'y venir en vacances en famille pour décompresser. »
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Non content d'investir une petite partie de sa fortune en Périgord pourpre, l'homme d'affaires et ses équipes cherchent aussi à bousculer les codes du vin. Il y a deux ans, James de Roany composait avec lui un assemblage maison inédit, baptisé « la Folie », fruit du mélange des merlots et cabernet sauvignon de Saint-Cernin et de cépages syrah de l'Aude, le tout sous la houlette de Michel Rolland, l'œnologue star de Pomerol. « On n'est pas dans la Villageoise à 3,50 euros !, plaisante M. de Roany. C'est vraiment du très haut de gamme et un vin extrêmement original. Nous traversons une crise majeure et mondiale de baisse de la consommation de vin. Il faut apporter du plaisir, du « fun » au consommateur et sortir de ces logiques de terroirs ». Un discours désormais commun dans le vignoble, jusqu'à l'interprofession des vins de Bordeaux qui joue la carte des nouvelles modes de consommation.
Emmanuel Langlois