La Coordination rurale échoue à prendre la Nouvelle-Aquitaine et perturbe l'élection
Maxime Giraudeau avec Pierre Cheminade
Maxime Giraudeau avec Pierre Cheminade
Déjà connue pour avoir envahi une séance plénière du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine le 11 mars 2024, les élus de la Coordination rurale ont à nouveau perturbé une instance démocratique ce 14 mars 2025. Les militants du syndicat agricole aux bonnets jaunes ont déclenché plusieurs fumigènes dans l'amphithéâtre de Bordeaux Sciences Agro provoquant l'évacuation de la séance d'installation de la Chambre régionale d'agriculture qui s'y déroulait en présence du préfet de région, Etienne Guyot.
Sur 68 votants issus des différents collèges qui composent les chambres d'agriculture (exploitants, salariés, organismes professionnels, syndicats...), 39 bulletins sont revenus à la FNSEA, contre 26 pour la Coordination Rurale et 3 abstentions. Bernard Layre, céréalier et président FNSEA de la chambre des Pyrénées-Atlantiques, est ainsi le nouveau président de la chambre régionale. Il succède à Luc Servant, céréalier et figure consensuelle de la FNSEA en Charente-Maritime.
« Les acteurs de l'agriculture ont souhaité une stabilité face aux discours démagogique, populiste et cynique de ceux qui ont tenté de perturber cette assemblée, déclare à la sortie Bernard Layre. L'agriculture n'a pas besoin du chaos. Elle a besoin d'aider les plus fragiles et de construire un vrai projet », ajoute-t-il, citant parmi les priorités le retour de la compétitivité, de la productivité et du revenu.
Mécontents d'avoir été défaits dès le premier tour, les représentants ont fustigé « un système mafieux » et « un mode de scrutin qui ne défend plus les intérêts des agriculteurs ». Le tout sous l'oeil des CRS, mobilisés pour assurer la sécurité du campus.
« Tout le système s'est organisé contre nous, avec le renfort du Crédit agricole, de Groupama et de la MSA, s'oppose Bertrand Venteau, candidat perdant et président de la chambre de Haute-Vienne. La guerre est ouverte, on va régler nos comptes par derrière », lance-t-il. Ce qui promet une mandature mouvementée.
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Malgré une majorité en faveur de la Coordination rurale dans le collège exploitants, avec 500 votes d'avance sur les douze départements de Nouvelle-Aquitaine selon le syndicat, les bonnets jaunes n'ont encore pas réussi à convaincre les autres collèges de votants. Arrivée en tête dans sept des douze départements (Lot-et-Garonne, Vienne, Haute-Vienne, les Charentes, Dordogne et Gironde) lors des élections fin janvier, la Coordination rurale, classée à droite, a ensuite échoué à obtenir la présidence de deux chambres départementales, mise hors-jeu par le mécanisme des collèges électoraux.
Les coups de forces et les nombreux délits commis par le syndicat depuis plusieurs années (invasion des Grands chais de France, dégradations dans Bordeaux, retenue d'eau illégale en Lot-et-Garonne...) ont certainement empêché de susciter l'adhésion au-delà des exploitants agricoles.
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Interrogé avant l'élection en milieu de journée, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a appelé au dialogue. « La chambre régionale d'agriculture restera notre interlocuteur privilégié quel que soit son président et on continuera à travailler avec tous ceux qui veulent travailler avec nous », réagit Alain Rousset. Tout en rappelant que « les défis climatique, sanitaire et du revenu des agriculteurs restent incontournables ». « Quel que soit le vainqueur, il faut se préoccuper davantage d'agriculture biologique et des salariés agricoles », ajoute-t-il.
Maxime Giraudeau avec Pierre Cheminade