Une alliance des spiritueux se met au réemploi des bouteilles en verre

Maxime Giraudeau

Photo d'illustration
Louise Baratault

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Louise Baratault
Le réemploi des bouteilles suit l'exacte trajectoire inverse des fabricants de verre. Alors que les usines verrières arrêtent des fours face à la crise des vins et spiritueux, l'heure est désormais à l'économie circulaire. Ce 3 juillet, depuis Cognac en Charente, la start-up Eco In Pack a annoncé, au côté de la référence du secteur Circul'r, une alliance inédite des groupes de vins et spiritueux pour réemployer à grande échelle les bouteilles en verre usagées.
Ils sont sept dans la coalition : Pernod Ricard, Moët Hennessy, Marie Brizard Wine and Spirits, Campari, Giffart, Cordier et Rémy Cointreau, accompagnés des distributeurs France Boissons et Richard Vins et Spiritueux. L'initiative a été lauréate d'un appel à projet lancé par l'éco-organisme Citeo visant à encourager la circularité. Concrètement, elle prend la forme de comités de travail autour de la thématique du réemploi, afin de mener des expérimentations communes grandeur nature.
« Avec chaque marque seule, on n'arrivait pas à avoir des effets d'échelles. Il faut qu'on arrive à mutualiser et c'est ce que les marques ont compris. Plusieurs directeurs généraux ont eux-mêmes dit qu'il fallait travailler ensemble », se satisfait Martin Calmettes, co-fondateur d'Eco In Pack, qui vient d'inaugurer une ligne industrielle de lavage des bouteilles à Cognac, un an après avoir levé trois millions d'euros.
« France Boissons pourrait par exemple collecter les bouteilles vides des marques de la coalition après avoir livré les cafés-restaurants. Ainsi, on ne rajouterait donc pas de camions sur la route. Le distributeur le fait sur l'eau minérale mais sur les vins et spiritueux il n'y a rien », observe le dirigeant.
Preuve qu'un virage est vraiment en train de se dessiner dans le domaine des alcools, la maison Johanès Boubée, filiale vins de Carrefour, vient, elle aussi, d'annoncer un partenariat avec un acteur du lavage et du réemploi, Luz Environnement basé en Gironde, et Veolia. La filiale envisage ainsi de réemployer 200 000 flacons par an sur son principal site. « Nous rendons accessible par petits lots aux viticulteurs girondins ces bouteilles réemployées, dans un contexte où le prix du verre ne cesse de flamber. Cette opération permet donc aux vignerons de se fournir plus facilement en bouteilles de verre », souligne Annie Le Deunff, la directrice générale de Luz Environnement.
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La massification va permettre d'optimiser les conditions de collecte, de lavage et donc le modèle économique de l'opération. L'objectif final étant d'afficher un coût du réemploi moins élevé que le coût de production des verriers. Pour les grands groupes, les bénéfices annoncés sont multiples. « Toutes ces marques ont identifié le réemploi comme une solution pour réduire leur empreinte environnementale, leur dépendance à l'extérieur et aux surcoûts énergétiques. Ils sont donc prêts à coopérer », indique Martin Calmettes.
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Une initiative qui va donc essuyer quelques plâtres et apporter des enseignements sur le développement d'une vraie filière du réemploi. Ce que tentent aussi les régions du Nord et de l'Ouest de la France, qui mettent en musique depuis le début du mois de juin le retour de la consigne sur les bouteilles.
Maxime Giraudeau