Vaste restructuration en vue pour Usinor-Aceralia-Arbed

Francis Mer, président d'Usinor et futur co-dirigeant du nouvel ensemble composé avec le luxembourgeois Arbed et l'espagnol Aceralia, ne tourne pas autour du pot. La fusion des trois sidérurgistes s'accompagnera d'un vaste plan de restructuration qui passera notamment par des réductions d'effectifs et des fermetures d'usines. La création du numéro un mondial de l'industrie sidérurgique a pour but de dégager plus de 2 milliards d'euros de synergies. L'essentiel de ces synergies proviendront d'un plan d'économies qui débouchera sur "des suppressions d'emplois" et "la fermeture d'usines ou de morceaux d'usines", a déclaré lundi le Pdg d'Usinor, Francis Mer, dans un entretien au quotidien Le Monde. "Cela n'aura rien à voir avec les grandes restructurations des années 1970 et 1980 ou même avec les milliers de licenciements annoncés en ce moment par les groupes américains", a-t-il toutefois tenu à relativiser.Francis Mer a également affirmé que les trois groupes étaient "prêts à accepter des cessions" pour obtenir le feu vert de la Commission européenne à leur projet de fusion. "Mais nous ne pensons pas que la Commission européenne mette des obstacles injustifiés sur cette opération qui renforce l'Europe", a précisé le président d'Usinor.Le nouvel ensemble se hisse d'emblée à la première place mondiale du marché, avec une production annuelle estimée de "46 millions de tonnes d'acier liquide" (base pro forma 2000), selon le chiffre indiqué par les trois groupes. Il passe ainsi devant le sud-coréen Posco et le japonais Nippon Steel. Le futur ensemble fusionné emploiera "plus de 110.000" personnes dans le monde avec un chiffre d'affaires estimé de "près de 30 milliards d'euros".Les actionnaires d'Usinor, qui recevront une action du nouveau groupe pour chacun de leur titres, détiendront 56,5% du capital du nouvel ensemble, qui sera coté à Paris, Bruxelles, Madrid et Luxembourg. La capitalisation totale de la nouvelle entité dépasse 5 milliards d'euros sur la base des cours de Bourse des trois sociétés jeudi soir. Sur le plan financier, le groupe prévoit que la fusion sera neutre en termes de bénéfice par action sur l'exercice 2000, mais qu'elle débouchera sur des réductions annuelles de coûts de 300 millions d'euros dès 2003, portées progressivement à 700 millions d'euros à l'horizon 2006. Usinor, Arbed et Aceralia espèrent par ailleurs réaliser 350 millions d'euros d'économies sur leurs investissements.Le groupe verra son siège social installé à Luxembourg et sera dirigé par Francis Mer, actuel patron d'Usinor, et Joseph Kinsch, son homologue chez Arbed.Cotés à la Bourse de Paris, les titres Usinor et Arbed, ont été suspendus de la cote vendredi et le resteront toute la journée de lundi, a indiqué Euronext. De même pour l'action Aceralia à la Bourse de Madrid.

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