American Airlines supprime 7.000 emplois
La Tribune
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Trente-six heures après la décision de US Airways de se placer sous la protection de la loi sur les faillites, American Airlines, première compagnie américaine, confirme la nécessité de la restructuration des principaux acteurs du secteur. Elle a en effet annoncé un nouveau plan de réorganisation qui passe par une réduction de 9% de sa flotte en service et surtout par la suppression de 7.000 emplois d'ici mars prochain, soit une diminution de près de 6% des effectifs par rapport aux 122.000 salariés comptabilisés fin mai. A 40%, les emplois supprimés devraient concerner des pilotes et des personnels navigants, a précisé le groupe. Le plan, une fois appliqué, doit permettre au groupe de réduire ses dépenses d'exploitation de plus de 1,1 milliard de dollars en rythme annuel, "indépendamment des réductions de capacité". American Airlines est pourtant réputée comme étant la plus solide des grandes compagnies américaines. Mais le groupe n'a évidemment pas échappé à la crise née le 11 septembre : il a perdu 1,07 milliard de dollars sur les six premiers mois de l'année, soit deux fois plus que US Airways, et son trafic a reculé de 4%.Le nouveau plan de restructuration passe aussi par une réorganisation des principaux "hubs" du groupe, après celui de Chicago, c'est le planning de vols de l'aéroport de Dallas/Fort Worth qui sera revu à partir du 1er novembre, pour permettre "d'effectuer le même programme de vols avec l'équivalent de cinq avions et quatre salles d'embarquement en moins", explique Donald Carty, le PDG d'American. Parallèlement et afin de simplifier la gestion de sa flotte, American va mettre à la retraite ses 74 Fokker 100 à partir du troisième trimestre 2003. L'opération lui permettra de ramener à six le nombre d'appareils différents constituant sa flotte (Airbus A300 et Boeing MD 80, 737, 757, 767 et 777). Une rationalisation qui permettra de réduire les frais de révision et de formation des personnels navigants et techniques. "Le Fokker est un petit avion dont l'exploitation coûte cher et a été compliquée par la faillite de son constructeur. Pour nous, il n'est plus économiquement viable", résume Donald Carty. American Airlines réduira ainsi de 9% ses capacités en novembre par rapport à cet été, notamment en avançant la fin de l'exploitation des neuf Boeing 767-300 repris à TWA. Au-delà, la compagnie, qui a déjà reporté la livraison de 35 appareils neufs, "recherchera toute opportunité de différer ou d'annuler de nouvelles livraisons". Au total, le groupe espère ainsi réduire de 1,3 milliard de dollars les investissements nécessaires dans les prochaines années, économies qui viendront s'ajouter aux 5 milliards d'investissements annulés ou différés depuis le début 2001."Si une partie de ces réductions et modifications sont saisonnières, elles représente plus largement un repositionnement de la compagnie pour réduire les sur-capacités que nous observons sur le marché", explique Donald Carty. Mais "American restera le premier réseau du monde, même après ces changements". Au total, le coût de ces nouvelles mesures pourrait dépasser 500 millions de dollars : la retraite anticipée des B767 de TWA coûtera 100 millions et le retrait des Fokker de la flotte 200 à 400 millions supplémentaires.Alors qu'American Airlines a conclu un accord de fourniture exclusif avec Boeing, c'est EADS, la maison-mère d'Airbus, qui a le plus souffert, en Bourse, des mauvaises nouvelles annoncées par la compagnie. A quelques minutes de la clôture à Paris, l'action EADS reculait ainsi de 4,84% à 14,75 euros, après avoir déjà perdu 6,63% lundi. A Wall Street, Boeing ne reculait au même moment que de 2,96%. Les Airbus composant la flotte d'American Airlines proviennent en fait de celle de TWA. Et EADS a depuis longtemps fait une croix sur la commande de 42 A318/19 passée par TWA avant sa faillite, fin 2000. Mais le titre souffre du climat général et des craintes de nouvelles faillites dans le secteur.
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