Adelphia dépose son bilan

La descente aux enfers d'Adelphia, sixième câblo-opérateur américain, touche à sa fin. La société s'est mise mardi soir sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. "La procédure va nous permettre d'évaluer entièrement la valeur de l'entreprise sans subir la pression des créanciers qui nous obligeraient à vendre des actifs bénéfiques pour l'activité dans l'avenir", a précisé le nouveau PDG de la société Erland Kailbourne.Adelphia a négocié un prêt de 1,5 milliard de dollars auprès d'un pool de banques dirigé par J.P. Morgan Chase et Citibank/Salomon Smith Barney. Objectif: assurer la continuité du service tout en se réorganisant. Une première tranche de 500 millions de dollars serait immédiatement débloquée. La société travaille également sur le refinancement de sa dette.Le dépôt de bilan était attendu. La société, qui ne pouvait plus répondre au remboursement de sa dette, n'a réussi ni à lever des fonds ni à trouver des repreneurs. Charter Communications, qui négociait à un moment le rachat d'une partie des 5,76 millions d'abonnés du groupe, n'a pour l'instant pas donné suite à l'opération. Adelphia n'a pas non plus pu renégocier sa dette assez rapidement. Cette spirale vertigineuse a entraîné le retrait du titre Adelphia du Nasdaq début juin, une opération qui autorise les détenteurs d'obligations convertibles à exiger leur remboursement en cash. L'histoire d'Adelphia vient s'ajouter à la liste des scandales financiers qui planent sur les marchés depuis l'affaire Enron. Tout a commencé le 27 mars dernier. La société a divulgué des engagements hors bilan totalisant un montant de 3 milliards de dollars. Ces engagements étaient le produit d'une série de transactions financières réalisées entre la société et ses fondateurs, la famille Rigas. Une partie de cette somme avait d'ailleurs servi à racheter des titres de la société. Depuis, le groupe est sous le coup d'une enquête menée par la justice fédérale. John Rigas, ex-PDG, et son fils Timothy, directeur financier, ont démissionné en mai. Parallèlement, Adelphia doit encore présenter des comptes révisés. Elle a admis qu'en 2000 et 2001 le chiffre d'affaires a été gonflé de 500 millions de dollars et le nombre d'abonnés exagéré.

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