"Les compagnies à bas prix vont entrer en compétition frontale"

 |  | 407 mots
Lecture 2 min.
La crise du secteur aérien arrive-t-elle à son terme ?La situation est différente aux Etats-Unis et en Europe. Aux Etats-Unis, la guerre des prix qui a débuté dès le mois d'octobre 2001 se poursuit à l'heure actuelle (encore -11,9% en avril). Il y a bien eu des tentatives isolées d'augmentation des tarifs mais à chaque fois, une compagnie ne suivait pas le mouvement (Northwest lors de la dernière tentative). En Europe, nous avons assisté à la mise en place de promotions afin de soutenir la demande mais il n'y a pas eu de guerre des prix. De plus, le trafic a repris plus rapidement. Mais cette amélioration cache des différences sensibles selon les compagnies. British Airways, très tournée vers les Etats-Unis, a réduit ses capacités sur l'Europe (-60% de capacités à Gatwick par rapport à 1999). Air France a vu son trafic diminuer de seulement 3% en avril et 4% en mai. Mais nous assistons depuis deux mois à une certaine pause dans le mouvement de reprise du trafic.Comment comprendre la bonne santé des compagnies à bas prix ?Elles ont parfaitement profité de la faiblesse des acteurs traditionnels, des faillites de Sabena et Swissair, et des réductions des capacités. En juin, leur part de marché en Europe devrait même dépasser les 8%. De plus, la crise a plutôt affecté le trafic international, alors que les compagnies "low-cost" sont positionnées sur le trafic court-courrier. Leur base de coûts compétitive (60% inférieure aux compagnies traditionnelles), leur politique tarifaire et la continuation de leur plan de marche expliquent aussi leur bonne résistance.Le secteur offre-t-il des opportunités en bourse ?Parmi les "low-cost", nous privilégions Ryanair avec un PER 2003 de 24. Avec le rabais d'environ 35% qu'elle a obtenu sur ses commandes de Boeing, la compagnie finance sa croissance future. Elle présente en outre une très bonne stratégie d'ouverture de lignes et de positionnement sur les aéroports secondaires, à la différence d'Easyjet qui, à Roissy et Orly, est en compétition directe avec les compagnies traditionnelles. Quand démarrera la compétition frontale entre les "low-cost", Ryanair sera difficile à battre avec ses 24% de marge nette. Parmi les compagnies traditionnelles, Air France est notre favorite grâce à la puissance de son réseau et aux futures synergies de coûts dégagées par l'alliance Skyteam. La perspective d'une privatisation renforce ses attraits.Propos recueillis par Pierre de Beauvillé

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :