Statistiques contrastées aux Etats-Unis

Le baromètre de la confiance des ménages américains plonge au mois de février, confirmant l'inquiétude des consommateurs outre-Atlantique. L'indice de confiance de l'Université du Michigan chute en effet à 79,2, contre 81,2 attendu par les analystes. En janvier, il se maintenait encore à 82,4 (chiffre révisé à la baisse).La médiocrité de cet indicateur clé - tombé à son plus bas depuis septembre 1993 - inquiète. Car la consommation est le principal moteur de la croissance aux Etats-Unis. Cependant, elle ne surprend guère. "Comment voulez-vous que la confiance des consommateurs s'améliore, alors qu'une guerre se profile avec l'Irak, qu'il y a de plus en plus d'alertes au terrorisme, que les marchés sont baissiers et que la situation de l'emploi est préoccupante ?", résume Harvey Katz, économiste en chef chez Value Line, cité par Reuters.La mauvaise performance de l'indice de confiance du Michigan a éclipsé, du coup, les bonnes statistiques de la production industrielle pour janvier, publiées ce jour par la Réserve fédérale (FED). Après les chiffres décevants de décembre 2002, où le déclin du secteur automobile avait fait reculer l'indice de 0,4 %*, la production industrielle enregistre une forte hausse de 0,7 % en janvier 2003. Le rebond, le plus important depuis juillet dernier, dépasse largement la hausse de 0,3 % attendue par le consensus Reuters. En glissement annuel, la production ressort en hausse de 2% - comme anticipé par les analystes - contre + 2,1 % en 2001.La poussée de l'indice semble largement due à la production énergétique (mines et centrales électriques), qui a augmenté de 0,7 % en janvier, sa plus forte hausse depuis juillet 2002. La plupart des économistes avaient d'ailleurs prédit cette tendance, en raison de la vague de froid inhabituelle qui a touché les Etats-Unis. Selon un analyste de Lehman Brothers cité par Reuters, "des températures inférieures de 15 % à la moyenne saisonnière et l'envol des prix énergétiques alimenté par la perspective d'un conflit en Irak" ont contribué à la hausse de la production.Quant à la production manufacturière (hors énergie, construction et agroalimentaire), qui constitue les 4/5ème de la production totale, elle a augmenté de 0,5% en janvier. C'est sa plus forte hausse depuis celle de 0,6% en janvier 1992. Sa forte progression s'explique, selon la Fed, par "une hausse de la production automobile" à 0,4 %.Après l'atonie du mois de décembre, ces statistiques reflètent la bonne résistance de l'économie américaine en ce début d'année, et la capacité d'adaptation du secteur à la demande. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évoquer une reprise durable alors que "le taux d'utilisation des capacités de production reste au niveau historiquement bas de 75,7 %", notent les analystes de CIC Marchés. En décembre, le taux était ressorti à 75,2 %. Pour CDC Ixis, qui note la bonne tenue du secteur automobile, ces chiffres suggèrent "une reprise modérée de l'économie américaine en 2003".latribune.fr* l'indice inital de -0,2% a été révisé par la Fed à -0,4 %

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