Tom Ford et Domenico de Sole vont quitter Gucci

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"Les efforts intenses des parties n'ont pas abouti à un accord satisfaisant": c'est par ces mots sobres qu'un communiqué de Gucci a annoncé mardi matin le prochain départ de son PDG, Domenico de Sole, et de son styliste vedette, Tom Ford. Afin de favoriser un "transition en douceur", les deux hommes resteront en fonction jusqu'au terme de leur contrat actuel, le 30 avril 2004.Même si le spectre d'un départ planait depuis que les parties étaient entrées en négociations, personne n'avait réellement osé envisager un tel scénario, plus particulièrement en ce qui concerne Tom Ford, véritable image de marque du groupe. "Le marché et certains clients de la marque ont du mal à imaginer Gucci sans Tom Ford", notait récemment Aymeric Poulain chez Merrill Lynch.On peut donc se demander ce que vaut désormais la maison florentine sans Domenico de Sole et Tom Ford, tandem à l'origine du redressement spectaculaire du groupe devenu numéro trois mondial de son secteur. Toutefois, le cours de Gucci ne devrait pas s'effondrer, le groupe bénéficiant d'une offre de reprise à un prix garanti par PPR au printemps prochain.C'est donc essentiellement sur le cours de PPR que va peser le retrait de Tom Ford. "L'annonce de son départ aurait un impact sévère sur l'action PPR à court terme, une baisse de l'ordre de 10 à 15%", estimait il y a peu Philip Mitchell, chez JP Morgan.Il faut dire que si PPR ne parvient pas à trouver un successeur convaincant à Tom Ford, la reprise en main de Gucci pourrait tourner à la mauvaise affaire, alors que le groupe dirigé par Serge Weinberg n'a pas ménagé ses efforts pour faire tomber Gucci dans son escarcelle. Engagé dans une bataille avec LVMH (propriétaire de La Tribune), PPR (alors actionnaire de Gucci à 42%) était parvenu, en septembre 2001, à un accord avec son concurrent (détenteur de 20,6%) en vue de racheter près de 8% du capital de Gucci pour un montant de 896 millions d'euros.PPR s'était au même moment engagé à lancer une OPA sur Gucci à un prix de 101,50 dollars par action au printemps 2004. Une OPA alors estimée à quelque 4,8 milliards d'euros et qui a un temps inquiété le marché, compte tenu de la situation financière tendue de PPR.Le groupe de François Pinault a dès lors trouvé une parade. D'abord en rachetant progressivement des titres sur le marché (jusqu'à la limite de 70% du capital) à un coût moins élevé. Ensuite grâce au versement en octobre dernier d'un retour sur capital de la part de Gucci qui a mécaniquement abaissé le prix de l'OPA à 85,52 dollars par titre. La baisse du dollar aidant également, on peut estimer que le coût de l'offre de rachat aura été ramené autour des 3,2 milliards d'euros. Reste que PPR aura déboursé au total quelque 7,3 milliards d'euros pour mettre la main sur la maison florentine: 3,2 milliards suite à l'offre de rachat, 896 millions au titre de l'accord avec LVMH et près de 3,2 milliards pour la participation initiale de 42%.La question est donc désormais de savoir si Gucci vaut ce prix sans son duo de tête. "Il est clair que Gucci ne vaudra pas 73 euros [son cours de la semaine passée, soit une capitalisation de 7,4 milliards] si Domenico de Sole et Tom Ford partent", avertissait une analyste la semaine dernière (voir ci-contre). Pour l'instant, la Bourse est extrêmement prudente. En fin de journée, mardi, le titre PPR recule de 4,82%.

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