Incontournables DVD

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On ne sait pas forcément que les ventes de DVD ont représenté pas moins de 58 % du chiffre d'affaires de l'industrie du cinéma en 2002. Soit le double des recettes d'exploitation réalisées en salles. Signe de ce poids croissant, il est de plus en plus fréquent qu'un film engrange presque autant, voire bientôt davantage, de recettes par la vente des DVD après sa sortie en salle. Le film Fast & Furious, par exemple, a réalisé 144 millions de recettes en salles en 2001 à sa sortie et 132 millions de dollars dans sa version DVD. Le dernier DVD de Martin Scorcese, Gangs of New York, devrait, lui, dépasser les 80 millions de dollars obtenus en salles.Hollywood et ses grands studios n'ont guère mis de temps à prendre la mesure d'un phénomène on ne peut plus juteux. La technologie du DVD s'est à ce point développée que la fabrication ne pèse plus qu'une part négligeable dans son prix de vente (le plus souvent autour de 20 à 25 dollars. De sorte qu'il reste essentiellement de la marge pour les studios - environ 60 % selon certaines estimations. Si ce chiffre est exact, cette marge dépasse donc celle réalisée sur un ticket de cinéma qui lui se vend autour de 10 dollars.Derrière ce succès qui a des allures de cadeau du ciel pour une industrie qui paraissait à bout de souffle, il y a cependant un risque. Les studios miseraient en effet de plus en plus sur des productions au regard de leur avenir supposé en DVD. Et les études réalisées tendent à le démontrer : ce sont essentiellement les films d'action, spectaculaires avec effets spéciaux qui sont les plus recherchés pour le fondus de home cinema. De façon édifiante, le New York Times citait récemment un responsable de Columbia Tristar, une division de Sony, qui indiquait ainsi qu'à budget égal, un film d'action se vendait deux fois plus en DVD qu'une oeuvre d'art et essai.En France, malgré une taille de marché bien moindre, même si elle peut s'élargir au monde francophone, la tendance est à peu près comparable. Les meilleures ventes de DVD de production française sont plutôt réalisées par des grosses machineries comme la série des Taxi ou encore Asterix. A Hollywood, on s'alarme déjà de la difficulté de boucler des budgets pour des films moins commerciaux et moins spectaculaires, faute de pouvoir promettre des retombées juteuses en DVD. Si le succès phénoménal de la galette dorée en vient à menacer la création, cette préoccupation ne devrait pas tarder à franchir l'Atlantique, vers nos contrées si tatillonnes sur la défense de l'exception culturelle.

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