La Réserve fédérale donne le signal de la hausse des taux

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La Réserve fédérale américaine a annoncé ce mercredi soir sa décision de relever d'un quart de point son taux directeur. Dans son communiqué, la Fed affirme que "même après cette décision, la politique monétaire demeure accommodante" et continuera à "soutenir l'activité économique".Le terrain avait été tellement bien préparé que cette décision ne surprendra personne. Elle correspond en effet exactement à l'attente du consensus des économistes. Reste à savoir à quel rythme se poursuivra le mouvement de hausse des taux amorcé ce soir.Pour être attendue, la décision de la Fed n'est a pas moins une portée considérable. Avec cette hausse des taux, la banque centrale américaine met fin à une période exceptionnelle de détente monétaire. Le taux cible des fonds fédéraux était fixé à 1% depuis un an, un plus bas historique, et n'avait plus bougé à la hausse depuis quatre ans... Surtout, il se trouvait nettement inférieur à l'inflation, ce qui correspond donc à des taux d'intérêt réels fortement négatifs.Cette politique monétaire extrêmement accommodante avait été mise en place par la Fed et son président, Alan Greenspan, pour prévenir tout risque de récession, et même de déflation, suite à l'éclatement de la bulle des marchés financiers, en 2000. Mais aujourd'hui, le contexte a complètement changé. L'économie américaine tourne à plein régime, avec une croissance de 3,9% en rythme annualisé au premier trimestre 2004. De plus, le climat déflationniste qui sévissait voici encore dix-huit mois s'est évaporé. Si bien que la reprise économique, la flambée des matières premières et notamment du pétrole, et la chute du dollar font réapparaître des tensions inflationnistes aux Etats-Unis.Autant dire que ce nouveau contexte économique ne justifie plus, loin de là, une politique monétaire accommodante. D'où la nouvelle politique de relèvement des taux d'intérêt amorcée aujourd'hui.Toute la question, pour les marchés, est désormais de savoir à quel rythme ce mouvement sera mené. Alan Greenspan et ses collègues ont soigneusement préparé les esprits, depuis quelques mois, à un hausse graduelle : autrement dit, des relèvements de taux d'un quart de point, raisonnablement espacés, destinés à ramener progressivement les taux d'intérêt à des niveaux compatibles avec celui de l'inflation. Les termes du communiqué publié mercredi soir par la Fed sont de nature à conforter les marchés dans cette analyse. La banque centrale américaine y relève en effet que "même si les chiffres à venir en matière d'inflation sont plutôt élevés, une partie de l'augmentation de ces derniers mois semble due à des éléments transitoires".Plutôt rassurante sur l'inflation, la Fed réaffirme donc que les risques en matière de croissance et de stabilité des prix sont globalement équilibrés. En conséquence, elle répète son analyse selon laquelle il pourra être mis un terme à sa politique monétaire accommodante "à un rythme mesuré". Avec une précision, toutefois: elle agira en tant que de besoin "en cas de changement des perspectives économiques pour satisfaire à son obligation de préserver la stabilité des prix".En l'absence de menace d'un relèvement plus brutal que prévu des taux, les marchés ont relativement peu réagi à cette décision conforme à leurs attentes. Wall Street a cependant marqué le coup avec une légère progression du cours des actions.

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