Corus compte sur la hausse des prix pour retrouver l'équilibre

Corus affirme son redressement. Le sidérurgiste anglo-néerlandais a annoncé jeudi une nette réduction de sa perte pour l'exercice 2003 à 305 millions de livres (453 millions d'euros), contre 458 millions de livres en 2002. Hors éléments exceptionnels, ce résultat est conforme aux attentes des analystes avec une perte de 66 millions de livres contre 393 millions de livres de pertes en 2002. La hausse des prix décidée par le groupe en 2003 a certes permis une hausse de 11% du chiffre d'affaires sur un an à 7,95 milliards d'euros. Mais ces relèvements de prix n'ont pas été suffisants pour compenser la hausse des matières premières. C'est notamment ce qui explique que les coûts opérationnels ont progressé de plus de 6% en 2003, malgré les efforts de maîtrise des dépenses du groupe. Le président de Corus, le Français Philippe Varin, a indiqué que les prix de vente de l'acier avaient déjà été relevés de 5 à 8% en février et devraient encore remonter de 10% en avril. Le groupe né en 1999 de la fusion de British Steel avec Nederlands Hooghoven se dit ainsi "confiant" pour 2004, sans pour autant préciser davantage ses objectifs. Mais les marchés surveillaient moins ces résultats que les commentaires de Philippe Varin sur la montée dans le capital du magnat russe Alisher Usmanov. Ce dernier, via Gallagher sa holding basée à Chypre, a récemment racheté 11% du capital de Corus sur le marché. La semaine dernière, l'oligarque a indiqué qu'il voulait obtenir un siège au conseil de surveillance du groupe anglo-néerlandais. Philippe Varin n'a pas souhaité faire de commentaires sur ce sujet et a affirmé que le groupe traitait Gallagher comme "tout autre actionnaire" et qu'il n'y avait "aucune discussion spécifique avec lui".Autre sujet d'inquiétude, la Chine. Le président de Corus a bien résumé la situation. "Si la croissance chinoise continue à ce rythme, on se dirige vers une vraie pénurie de matière première", a-t-il menacé, avant d'ajouter cependant que si la croissance chinoise ralentit "nous devrons baisser nos prix". Une grande partie de l'avenir des sidérurgistes se joue donc dans l'Empire du Milieu. Dans l'immédiat, les marchés réagissent mal à ces annonces. En clôture, le titre Corus perdait 7,44% à Londres. Mais les opérateurs prennent prétexte des déclarations de Philippe Varin pour prendre leurs bénéfices. Il est vrai que, sous la pression d'Alisher Usmanov, le titre a progressé de 50% au cours des trois derniers mois.

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