Pétrole, croissance et récession

 |  | 425 mots
Lecture 2 min.
L'été dernier, un tiers des économistes interrogés par le Wall Street Journal assuraient que l'économie américaine ne pourrait échapper à une contraction si le prix de ce même baril de brut dépassait... 50 dollars, soit le prix des "futures" depuis le mois de février dernier. Or la croissance des Etats-Unis a probablement dépassé 4% au cours du premier trimestre. Et les mêmes experts prédisent en moyenne une croissance de l'ordre de 3,6% pour la première économie mondiale sur l'ensemble de l'année 2005. La moitié d'entre eux, sollicités de nouveau en avril par le quotidien américain, juge désormais que le baril devra dépasser 90 dollars pour que la récession se concrétise.Il faut louer la franchise de John Lonski, chef économiste de Moody's et l'un de ceux à émettre voici huit mois un pronostic erroné: "Les économistes comme d'autres ont du mal à comprendre comment les prix du pétrole affectent l'économie", reconnaît-il aujourd'hui.Cette difficulté est de deux natures. Certes, chacun admet que la montée des prix du pétrole pèse sur la croissance. Dans quelles proportions, en vertu de quels mécanismes? A ces questions, il n'existe à ce jour pas de réponse claire et définitive. Le second casse-tête consiste à mesurer les effets non pas de la hausse en tant que telle, mais de sa rapidité - le prix du baril a quasiment doublé en un an. Là encore, les experts sont unanimes à considérer que la violence des mouvements affecte l'économie, mais se gardent de quantifier cette théorie.Certes, les chiffres continuent à circuler. La semaine passée, le FMI a fait savoir qu'il tablait désormais sur un prix moyen du baril de près de 52 dollars en 2005, et que cette poussée de fièvre amputerait la croissance mondiale de 0,25 à 0,50%. Quelques jours plus tôt, la Commission européenne avait elle aussi révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro à 1,6% en 2005.Le passé incite toutefois à considérer de telles prédictions avec prudence. Ces derniers mois, les économistes américains ont sans doute sous estimé l'impact de la dégringolade de la dépendance pétrolière américaine (il faut aujourd'hui aux Etats-Unis 55% de pétrole de moins qu'il y a trente ans pour produire un dollar de PIB). On ne peut exclure aujourd'hui que les experts qui pensent que seul un baril à plus de 90 dollars peut plonger l'Amérique dans la récession se trompent de nouveau.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :