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"Alitalia n'est pas dans un état qui mérite que Lufthansa lui porte un intérêt prononcé"

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Publié le 05 décembre 2006 à 00:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:40

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Thierry Antinori, DG marketing et ventes de Lufthansa, estime qu'Alitalia n'est pas dans un état qui mérite que Lufthansa lui porte un intérêt prononcé. Il ajoute qu'il n'y a aucune négociations avec Iberia.

La Tribune. Le gouvernement italien veut céder une partie de sa participation dans Alitalia. Iberia est prêt à changer de partenaire. Etes-vous êtes intéressés?

Thierry Antinori. Alitalia n'est pas dans un état qui mérite que nous lui portions un intérêt prononcé. Il y a trop de risques. Et nous sommes déjà bien présents sur le marché italien avec la compagnie Air Dolomiti qui nous appartient et l'alliance que nous avons avec Air One. Quant à Iberia, il n'y a actuellement aucune négociation. Régulièrement, nous discutons avec eux, comme tout le monde discute avec tout le monde dans le marché. Iberia, par ailleurs, fait partie d'une autre alliance et a un partenaire minoritaire qui s'appelle British Airways.

Air France et KLM gagnent des parts de marché en Europe. Lufthansa n'est plus que numéro deux. Etes-vous en train de prendre du retard?

Absolument pas. L'intégration de Lufthansa et Swiss avance très rapidement. Et il faut comparer ce qui se compare. Le client ne raisonne pas en termes de groupe mais de marque. Pour lui, nous sommes la première marque. Nous sommes leader sur l'Asie en nombre de clients mais aussi en fréquences. Nous venons d'ouvrir Francfort-Kolkata, notre sixième destination sur l'Inde où nous avons désormais 45 vols par semaine. Mais nous sommes aussi leader sur les vols intra-européens.

Le marché du transport aérien reste très éclaté. Lufthansa n'a au final que 3% de part du gâteau mondial. Va-t-on assister dans les prochains mois à un nouveau mouvement de consolidation en Europe avec à terme seulement trois compagnies européennes?

Je n'y crois pas. L'histoire du transport aérien montre que très peu de compagnies aériennes disparaissent compte tenu de l'importance nationale qu'elles représentent. Elles sont souvent un élément de compétitivité nationale pour attirer les investisseurs. Je suis donc persuadé que les marques vont être préservées. Je n'exclus pas en revanche qu'elles s'organisent en trois ou quatre blocs. Soit sous forme d'alliances, soit avec des prises de participations. Dans un tel scénario, il est décisif de respecter l'identité de la compagnie que vous rachetez. C'est ce que nous avons fait avec Swiss. Et le modèle fonctionne. Il y a en tout cas un besoin de consolidation évident.

Vous êtes leader en Inde. Le marché est en pleine explosion. Seriez vous intéressés à monter dans le capital d'une société indienne ou chinoise?

Ni en Inde, ni en Chine, notre objectif est de monter dans le capital d'une société locale. Notre offre et nos alliances actuelles suffisent à ce stade. Nous ne pouvons pas tout faire en même temps. Notre première priorité est le client. Ensuite, la consolidation en Europe. Notre troisième priorité est la réponse à donner aux compagnies à bas prix. Avec German Wings que nous consolidons dans nos comptes depuis cette année, nous avons une offre complémentaire que pouvons si nécessaire développer encore.

La part des clients Première et business est très importante pour Lufthansa. Voulez-vous faire de Lufthansa une marque premium?

Non, pas uniquement. Lufthansa couvre toute la gamme de produits. Avec Lufthansa Private Jet, nous offrons un service à la carte d'avions privés, pour la Première nous avons ouvert un terminal spécifique à Francfort qui est unique en son genre, mais nous développons aussi les services pour notre classe affaires comme notre classe économie avec la formule en Europe à 99 euros qui a prouvé qu'on peut stimuler le marché avec un tel produit. Nous voulons être une compagnie avec une offre multi-produits, même si nous sommes leaders sur les produits pour les entreprises.

EADS vient de décider de lancer l'A350. Vous avez repoussé la décision pour votre flotte. Allez-vous annoncer votre commande à l'issue de la prochaine réunion du conseil de surveillance de Lufthansa cette semaine?

Il n'y a aucune urgence. C'est un investissement que nous faisons pour vingt ans et il est donc important d'étudier dans le détail toutes les données. Nous n'avons pas encore tout en main mais dès que ce sera le cas, nous nous pencherons aussitôt sur le dossier. Ce qu'on peut dire, c'est que nous sommes un client loyal pour Airbus et nous sommes contents qu'il ait trouvé une solution. L'A 350 a sans doute des atouts pour Lufthansa et ses clients.

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