Siemens : le co-fondateur de Transparency International défend Heinrich von Pierer

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Appelé par Siemens comme expert externe pour mettre en place un meilleur système de lutte contre la corruption, Michael Hershman est persuadé que toute la lumière va être faite sur l'affaire de corruption qui jette actuellement le discrédit sur le groupe allemand.

Michael Hershman, l'un des fondateurs de l'organisation non gouvernementale Transparency International, appelé par Siemens pour faire toute la lumière sur l'affaire de corruption qui l'entache, a pris la défense du président du conseil de surveillance, Heinrich von Pierer. Il estime que tant qu'une personne n'est pas accusée d'avoir eu un comportement incompatible avec la loi, elle n'a aucune raison de démissionner.

Depuis que le groupe allemand a reconnu que l'affaire de corruption qui agite son ex-division communication ces dernières semaines pourrait l'avoir pénalisé à hauteur de quelque 420 millions d'euros, les journaux allemands comme certains hommes politiques réclament la démission du président du conseil de surveillance, sachant qu'il dirigeait le groupe au moment des affaires. Une démission que celui-ci refuse.

"Les chasseurs de têtes feraient de bonnes affaires si à chaque fois qu'un salarié était pris la main dans le sac le patron de l'entreprise devait en payer les pots", a défendu aussi l'ancien agent des services secrets américains spécialisé dans la lutte anti-corruption , estimant également qu'il ne voyait pas de conflit d'intérêt.

"Je ne suis pas ici pour défendre Siemens, je suis un expert indépendant qui a été nommé pour passer au peigne fin le système de 'compliance' de Siemens et voir comment on pourrait le modifier pour assurer à l'avenir que l'éthique et la morale soient suffisamment respectées dans le groupe" a-t-il précisé. "J'ai accepté ce défi car Siemens s'est engagé à consacrer des moyens importants pour devenir un des leaders de la bonne gouvernance".

Au passage, il ne s'est pas gêné d'ailleurs pour critiquer le parquet de Munich qui distille ses informations au compte gouttes via un grand journal munichois au lieu d'informer l'ensemble des médias. "C'est contraire à l'éthique et pas acceptable", a-t-il ajouté. Mais il s'est dit persuadé toutefois que toute la lumière sera faite dans cette histoire et les responsables punis.

Il a laissé entendre par ailleurs qu'il ne fallait pas s'attendre rapidement à ce que le gendarme de la bourse new-yorkaise, la SEC, ou le ministère américain de la Justice interviennent contre Siemens tant que les enquêtes conduites par la justice allemande n'avaient pas abouti. Les journaux allemands sont persuadés que la SEC va prendre des mesures contre le groupe pour avoir manqué de l'informer des enquêtes sur le dossier, dont les premières ont été ouvertes en Grèce et en Suisse déjà l'an dernier.

La semaine dernière, le directeur financier de Siemens, Joe Kaeser, avait dû admettre que le système de contrôle interne avait des déficiences qui avaient permis à certains salariés du groupe d'en profiter. La question reste toutefois de savoir qui était réellement au courant des pratiques.

D'après les journaux allemands de ce mercredi, Thomas Ganswindt, l'ancien président de la division Com qui siégeait jusqu'en septembre au directoire de Siemens et qui est sous les verrous depuis une semaine, aurait avoué lors des premières auditions qu'il était au courant du système des caisses noires. Il aurait précisé toutefois, d'après son avocat, qu'il ne connaissait pas l'ampleur des montants concernés. Six personnes au total seraient encore en garde à vue. Le Parquet de Munich a prévu de faire le 21 décembre un nouveau point sur l'affaire. Celle-ci promet en tout état de cause une assemblée générale des actionnaires mouvementée, le 26 janvier à Munich.

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