Pouvoir d'achat : le contexte électoral risque d'attiser les tensions sociales

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Le cabinet d'audit social Epsy estime que les revendications pourraient s'amplifier avec la perspective des élections présidentielles de 2007. Avec un sujet clé de mobilisation: les revenus et le pouvoir d'achat. Tous les partis politiques tentent déjà de surfer sur cette vague. Les entreprises risquent de se retrouver en porte-à-faux.

Le cabinet d'audit social Epsy, dans sa dernière note d'analyse, pointe le risque de futures tensions sociales sur fond de contexte électoral. Il souligne que "la problématique des rémunérations va être au coeur des revendications individuelles et collectives dans les mois à venir." Selon ses experts, "c'est un boulevard qui s'ouvre aux revendications sur le pouvoir d'achat, d'autant plus que les entreprises ont développé des systèmes de rémunérations et d'avantages complexes et qui leur sont spécifiques". La direction d'Epsy conseille du coup aux entreprises de ne pas laisser les partenaires sociaux occuper seuls ce terrain et au contraire de mettre "en avant les avantages qu'elles donnent".

La note d'Epsy évoque "le risque d'un développement rapide de revendications sur les rémunérations par les syndicats", une "boîte de Pandore qui peut s'ouvrir sur toutes les formes possibles d'amélioration du pouvoir d'achat". De fait, ce sujet est au centre des propositions et prises de position de la plupart des candidats à l'élection présidentielle de 2007. Au Parti socialiste (PS), Laurent Fabius en a ainsi fait son cheval de bataille. Mais à droite, tant Nicolas Sarkozy que le Premier ministre Dominique de Villepin -qui évoquait en août "le malaise que ressentent beaucoup de nos compatriotes sur le plan des revenus"- avancent aussi sur ce terrain.

En résumé, le cabinet d'audit social écrit, à la suite de la crise sur le CPE (contrat première embauche) qui a vu reculer le gouvernement Villepin face à la mobilisation étudiante et syndicale: "la contestation sociale se déplace de la lutte pour l'emploi à une revendication sur sa qualité et son statut sur fond d'amélioration économique et de diminution du nombre des demandeurs d'emploi. (...) La confirmation de cette évolution de l'action revendicative trouve un appui dans les études d'opinion où, pour la première fois depuis plus d'une dizaine d'années, les préoccupations concernant le pouvoir d'achat dépassent largement celles concernant l'emploi et ce, toutes catégories sociales confondues".

Cette analyse intervient dans un climat social caractérisé, selon Epsy, par un paradoxe marquant: "le premier semestre 2006 a été marqué par une agitation sociale importante qui a eu finalement peu de conséquences sur une activité économique en reprise (...). Ainsi, le nombre de manifestants et de manifestations- tous secteurs et crises étudiantes inclus pour cause de CPE- n'a jamais été aussi élevé depuis dix ans. Inversement, le nombre de conflits et d'heures perdues dans le secteur privé n'a jamais été aussi faible sur la même période."

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