France : nouvelle baisse du nombre de demandeurs d'emploi en octobre

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Le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE a encore reculé en octobre de 1,2% , après une baisse de 1,4% en septembre. Sur un an, cette baisse atteint 9,8%. La tendance de fond est donc bien à une amélioration de l'emploi en France, reconnaissent les analystes, qui attendent dans une dizaine de jours la publication du taux de chômage de l'Insee au troisième trimestre.

L'embellie se poursuit sur le front de l'emploi. Après une baisse de 1,4% en septembre, le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE a encore reculé en octobre de 1,2% à 1,9 million, soit 23.000 demandeurs d'emplois en moins, selon les derniers chiffres mensuels publiés jeudi soir par le ministère de l'Emploi.

Fin octobre, 1.919.600 personnes étaient inscrites dans la catégorie 1 de l'ANPE, qui sert de baromètre officiel depuis 1995, mais ne retient que les personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé. Sur an, la baisse atteint 9,8% soit 208.600 demandeurs d'emplois en moins.

En octobre, l'ANPE a enregistré une baisse mensuelle du nombre d'inscrits de 1,1% chez les 25-49 ans (-9,4% sur un an) et de 1,3% pour les plus de 50 ans (-11% sur un an). Bonne nouvelle en particulier pour les jeunes actifs de moins de 25 ans, qui connaissent un chômage élevé : le nombre d'inscrits a reculé de 1,3% (-10,3% sur un an).

Le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée, c'est-à-dire inscrits depuis au moins un an à l'ANPE, a lui diminué de 2,2% sur un mois et a chuté de 23,1% sur un an. Si on ajoute à la catégorie 1 les chômeurs prêts à accepter un temps partiel ou un CDD, la diminution du nombre d'inscrits a atteint 1,4% à 2,05 millions de personnes fin octobre.

Par ailleurs, du côté de l'Assedic, le nombre d'allocataires (chômeurs, préretraités, stagiaires en formation) a diminué de 0,5% en octobre par rapport à septembre et de 8,2% sur un an, selon les chiffres publiés ce vendredi par l'Unedic. Le régime d'assurance chômage comptait ainsi 2.238.700 allocataires en octobre contre 2.439.300 en octobre 2006.

Seul petit bémol: le rythme des créations d'emplois a fléchi entre le premier et le troisième trimestre, les entreprises ayant levé le pied sur l'intérim. Au total, 38.200 postes ont été créés au troisième trimestre, après 64.800 au deuxième et 109.000 au premier, même si le nombre d'emplois salariés créés de janvier à septembre a déjà largement dépassé ceux de toute l'année 2006.

Rien de dramatique donc, comme le confirme Nicolas Bouzou, analyste chez Asterès: "Depuis 2005, soit depuis que le chômage a amorcé une décrue, il arrive qu'il y ait des phases où le chômage baisse plus que le rythme des créations d'emplois".

Deux explications à cela: "D'abord un facteur démographique. Depuis 2003 et la loi Fillon sur les retraites, beaucoup de départs en retraite avancés n'ont pas été compensés par l'arrivée sur le marché du travail d'une nouvelle classe d'âge. Mécaniquement, le nombre de chômeurs baisse".

De plus, "si les créations d'emploi dans le secteur marchand (secteur privé hors agriculture) baissent, il est possible que d'autres créations se fassent dans le secteur hors marchand comme la fonction publique." Ainsi, la réactivation des contrats aidés joue également dans les derniers chiffres du ministère de l'Emploi. Bercy a en effet décidé d'injecter 560 millions d'euros de plus pour boucler l'année sur le même rythme que celui décidé début 2007 par Jean-Louis Borloo.

Enfin autre facteur "peu mentionné" que tient à souligner Nicolas Bouzou: "l'amélioration du secteur public de l'emploi". "L'ANPE a beaucoup changé ces dernières années, notamment avec l'instauration du suivi personnel qui a permis d'obtenir de très bons résultats dans le placement des demandeurs d'emplois. Si cela est difficilement quantifiable, l'effet est important."

De quoi conforter le gouvernement, et notamment la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde, qui a salué jeudi soir "la décrue rapide du nombre de demandeurs d'emploi" inscrits à l'ANPE, soulignant que "la baisse du nombre de demandeurs d'emploi inscrits sur les listes de l'ANPE, depuis le pic atteint en 2005, dépasse les 550.000".

La ministre y a vu la confirmation de "l'efficacité des politiques de l'emploi mises en oeuvre au cours des derniers mois" et de "l'importance d'avoir un service public de l'emploi toujours plus réactif qui accompagne de près les publics les plus en difficulté", avec notamment la future "fusion opérationnelle" ANPE-Unedic.

Alors que l'on attend dans une dizaine de jours, la publication du taux de chômage (au sens du BIT) de l'Insee pour le troisième trimestre - l'institut ayant suspendu ses publications mensuelles après des polémiques sur l'efficacité du mode de calcul- la tendance de fond devrait bien être à une amélioration du marché de l'emploi en France.

"Le chômage va forcément baisser", reconnaît ainsi Nicolas Bouzou. Au second trimestre, les estimations de l'Insee avaient fait ressortir un taux de chômage de 8,4%, soit le taux le plus bas depuis quatre ans et demi, et de 8,7% au premier trimestre.

"D'ailleurs, cette baisse est également ressenti par les ménages", explique l'analyste d'Asterès. "Dans les enquêtes d'opinion, les Français pointent désormais du doigt le pouvoir d'achat comme principale préoccupation, plus que le chômage".

"Toute la question du chômage se joue en fait sur le taux d'emploi qui reste faible en France", pointe toutefois Nicolas Bouzou. "La baisse du nombre de demandeurs d'emplois passe en fait surtout par des contrats en temps partiels, CDD ou interim, entre autres emplois précaires."

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