Le cycle de Doha prend de plus en plus de retard

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La fenêtre de tir de "février à avril" qui devait permettre de parvenir à une "percée" dans les négociations à l'OMC, l'organisation mondiale du commerce, ne semble plus réaliste. Paris estime que Washington détient la clé du calendrier et se dit à présent persuadé que rien ne sera vraiment jouable avant "mars 2008".

Longtemps caressé, l'espoir de profiter d'une "fenêtre de tir" entre février et avril pour donner une nouvelle et décisive impulsion au cycle de Doha, semble s'évanouir. Même l'idée de parvenir d'ici là à attiser la curiosité du Congrès américain, qui détient la clé du renouvellement de l'habilitation du président Bush à négocier des accords commerciaux, ne semble plus tout à fait réaliste.

Hier, les ministres européen de l'industrie, réunis en conseil "compétitivité" à Bruxelles, ont envisagé de fixer 2007 comme année butoir pour conclure les négociations qui visent à libéraliser le commerce international et dont l'échéance initiale était 2005.

Mais Paris n'a pas jugé utile de se rallier à cette proposition , estimant d'une part que les ministres de l'industrie n'ont pas la maîtrise du calendrier des négociations et que, d'autre part, se fixer un horizon en sachant pertinemment qu'il ne sera pas respecté est "ridicule", dit-on côté français.

Pour preuve, "rien ne s'est passé depuis le forum économique mondial de Davos, ni même depuis le dernier G8 en juillet", ajoute t-on, cela alors que depuis des mois certaines parties à la négociations assurent que des progrès techniques ont été engrangés au cours des derniers mois. "A Davos, Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce, et Pascal Lamy, le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ont bien tenté de convaincre les ministres du commerce présents de retenir avril comme butoir pour parvenir une "percée" des pourparlers. Mais les Etats-Unis s'y sont opposés", rappelle cet expert.

La maîtrise du calendrier est en fait entre les mains des Américains. Or ceux-ci semblent très peu disponibles pour le cycle de Doha. La Maison-Blanche est très occupée à faire approuver par le Congrès, à majorité démocrate, les accords commerciaux conclu avec quelques pays d'Amérique latine (Colombie, Pérou, Panama ) auxquels des dispositions sociales doivent être incluses à la hâte.

Et de son côté, le Congrès est très polarisé sur un certain nombre de priorités telles que la résistance à la mondialisation, les moyens d'amener la Chine à respecter ses engagements, l'environnement ..., explique t-on. D'ailleurs, Peter Mandelson, qui avait projeté une rencontre avec son homologue Susan Schwab, aurait semble t-il rencontré quelques difficultés à obtenir un rendez-vous avant mars.

Pour Paris, qui exprime de manière récurrente ses doutes sur les chances d'une issue favorable rapide aux négociations du cycle de Doha sur fond de campagne présidentielle, tout le calendrier doit être revu. Peter Mandelson lui-même semble à présent miser sur une fenêtre "mai-juin" pour réaliser la percée espérée dans les négociations du cycle. Paris, qui veut décidemment faire preuve du plus grand réalisme, estime même que rien n'est jouable avant l'horizon "mars 2008".

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