Il a déboulé sur la scène littéraire sans crier gare, attirant d'emblée l'attention et les compliments. Et pour cause. Dinaw Mengestu réussit avec "Les belles choses que porte le ciel", un premier roman à la fois distant, désabusé et poignant. Une histoire d'amour, d'exil et de secret.
Stéphanos, le narrateur - comme le romancier d'ailleurs - a fui l'Ethiopie au lendemain du coup d'Etat sanglant mené par Mengistu contre le Négus. Direction Washington. Au rêve américain de rigueur en pareille occasion, le jeune homme préfère se laisser couler dans un quotidien se délitant d'année en année. Avec pour seule vie sociale un rendez-vous hebdomadaire avec trois copains, africains comme lui. Jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle voisine, blanche, et de sa fille métisse.
Dinaw Mengestu livre des pages magnifiques sur la douleur et les séquelles de l'exil. Ce faisant, il brosse un double portrait, implacable, des Etats-Unis et de l'Afrique. Washington apparaît ainsi comme une ville délabrée, organisée en un apartheid tacite entre riche et pauvres, Noirs et Blancs. Pour évoquer l'Afrique, le romancier fait davantage preuve d'autodérision, mais surtout de nostalgie et de mélancolie. De rage aussi contre ce continent où fleurissent les dictateurs. "Tu préfère que [l'Afrique] te manque confortablement ici plutôt que de la détester chaque jour sur place", dit l'un des amis de Stéphanos. Un malaise remarquablement retranscrit par l'auteur.
Editions Albin Michel, 321 pages, 21,50 euros
Bons baisers des Etats-Unis
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