Crise du "subprime" : des pertes entre 50 et 100 milliards de dollars, selon Bernanke

Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, souligne les pertes potentielles du secteur immobilier à risque américain. Des économistes s'inquiètent. Mais le FMI reste serein, il s'apprête à réviser ses prévisions de croissance à la hausse.

La crise liée aux prêts hypothécaires accordés à des ménages peu solvables, appelés "subprime", pourrait entraîner des pertes financières comprises entre 50 et 100 milliards de dollars, a estimé ce jeudi Ben Bernanke, lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat américain. "Les pertes sur créances associées au 'subprime' sont apparues en plein jour et sont plutôt substantielles", a déclaré le président de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine.

Les économistes s'inquiètent désormais d'une contagion de cette crise à l'ensemble de l'économie. " Tout est en place pour un ralentissement marqué de l'économie américaine. La perte de richesse des ménages commencera à produire ses effets avec retard. Sous l'hypothèse d'une baisse des prix de l'immobilier de 5 % entre la fin du premier trimestre 2007 et la fin de l'année, suivie d'une stagnation, la consommation ralentirait sensiblement fin 2007 et en 2008 ", estime ainsi Olivier Davanne, associé chez DPA Invest.

Le Fonds monétaire international (FMI) ne semble en tout cas pas s'inquiéter de ce possible ralentissement de l'activité américaine. Simon Johnson, économiste en chef, a ainsi annoncé ce jeudi que le fonds allait réviser à la hausse ses prévisions de croissance, évoquant un "boom mondial". "Les Etats-Unis continuent de donner des signes de faiblesse, comme nous l'avions anticipé, mais les autres économies mondiales ont très bien fonctionné", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, les agence de notation Standard and Poor's et Moody's avaient déjà tiré la sonnette d'alarme, dégradant la note de nombreux titres liés au secteur des prêts immobiliers. "Une grande partie des titres émis fin 2005 et en 2006 ont suffisamment fait la preuve de défauts de paiements, et d'une tendance aux pertes qui laisse présager une performance de crédit faible à l'avenir", a expliqué Standard and Poor's."Les niveaux de perte continuent d'excéder les précédents historiques et nos prévisions initiales".

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