Pernod Ricard se rattrape malgré les dégradations des agences de notation
La Tribune
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Après avoir perdu plus de 5% lundi à la Bourse de Paris, à son plus bas niveau depuis janvier dernier, Pernod Ricard reprend du terrain ce mardi. Le titre progresse de 4,48% à 68,08 euros à la clôture, et ce malgré des dégradations de note annoncées par plusieurs agences de notation.
Lors de la séance de lundi, les investisseurs ont sanctionné le titre du groupe de spiritueux après l'annonce du rachat de groupe suédois Vin et Sprit, propriétaire de la célèbre marque de vodka Absolut, pour un montant de 5,63 milliards d'euros. Une opération jugée trop coûteuse par les analystes.
Ces derniers s'inquiètent notamment de la capacité du groupe à rembourser ses dettes, qui financent entièrement l'opération de rachat. Pernod Ricard a obtenu un crédit syndiqué auprès de plusieurs banques, qui va quasiment doubler la dette nette du groupe, à 12 milliards d'euros, soit six fois son excédent brut d'exploitation (EBE).
Ce mardi, l'agence de notation financière Fitch a ainsi ramené la note de Pernod Ricard en catégorie "junk", obligation pourrie. Elle a abaissé à "BB+" contre "BBB-" la note de la dette à long terme du groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard. Cette note est assortie d'une perspective négative. La note de la dette à court terme a aussi été abaissée à "B" contre "F3".
Dans un communiqué, Fitch explique que ces décisions résultent de l'annonce lundi du rachat du groupe suédois Vin & Sprit. "Si cette opération permet à Pernod de combler ses principales faiblesses par rapport au leader du secteur Diageo , (...) le prix d'acquisition élevé et entièrement financé par la dette fait passer l'endettement du groupe en catégorie de notation BB".
L'agence estime qu'il faudra au moins trois ans à Pernod pour retrouver des ratios correspondant à une notation en catégorie "investissement", alors même qu'il sera confronté durant cette période à un risque de ralentissement des dépenses de consommation en Europe occidentale et aux Etats-Unis.
De même, les agences de notation Standard and Poor's (SP) et Moody's ont également annoncé qu'elles envisageaient d'abaisser les notes de la dette du groupe français de vin et spiritueux Pernod Ricard. SP a ainsi abaissé à "négative" la perspective des notes de Pernod Ricard, tandis que Moody's a placé ces notes sous "surveillance négative".
Standard and Poor's précise toutefois qu'il relèvera la perspective des notes du groupe si son endettement redescend sous ce seuil de cinq fois l'excédent brut d'exploitation (EBE).
De son côté, Pernod Ricard se veut confiant. Le groupe s'était également nettement endetté avec le rachat de Allied Domecq (ratio dette sur EBE à six) en 2005, et de Seagram en 2001. Il avait à chaque fois rembourser plus vite que prévu.
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