En Grande-Bretagne, les économistes prédisent une année 2008 morose

 |   |  450  mots
Selon un panel d'économistes interrogés par le Financial Times, la croissance 2008 devrait connaître sa pire année depuis la fin de la bulle Internet au début des années 2000. En cause : les suites de la crise du "subprime", la hausse du déficit public et de l'inflation.

Après les prévisions pessimistes pour la croissance allemande en 2008 faites ce mercredi, c'est de l'autre côté de la Manche que viennent maintenant les inquiétudes. Selon les résultats d'une enquête annuelle réalisée auprès de 55 économistes par le Financial Times, les économistes britanniques voient 2008 comme la pire année économique pour la Grande-Bretagne depuis l'éclatement de la bulle Internet.

L'enquête montre un accroissement des craintes sur les conséquences de la crise du crédit, le fameux "subprime", venue des Etats-Unis, les experts indiquant en outre que la latitude des autorités pour atténuer la crise est bien moindre qu'en 2001-2002.

Près de neuf économistes sur dix estiment ainsi que les finances publiques ne sont pas en bon état, empêchant ainsi le gouvernement d'alléger les impôts ou d'accroître les dépenses publiques. L'inflation vient également en troisième position des risques sur l'économie les plus fréquemment cités, ce qui limite la faculté pour la Banque d'Angleterre (BoE) de baisser ses taux d'intérêt.

Pas de quoi rassurer donc, d'autant plus que le directeur de l'Institut national de recherche économique et sociale, Martin Weale, estime que "les finances publiques sont en très piètre état après que le ministère des Finances s'est illusionné pendant plusieurs années".

Début décembre, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) enfoncait déjà le clou en publiant des prévisions pour le moins très mauvaises. Selon l'institution, la croissance britannique passera de 3,1% à 2% entre 2007 et 2008, et le déficit public atteindra 3,4% cette année, au-dessus des 3% souhaités par l'Union européenne.

Autre facteur qui devrait jouer sur la croissance : la baisse des prix de l'immobilier. Près des deux tiers de ces économistes, dont cinq anciens membres du comité de politique monétaire de la BoE, estiment ainsi que les prix de l'immobilier vont baisser cette année après avoir déjà commencé à diminuer fin 2007. Reste à savoir si cette baisse aura des conséquences positives ou négatives sur l'activité économique. Pour Howard Davies, directeur de la London School of Economiques, il y a une forte probabilité de récession aux Etats-Unis "qui va sans doute diffuser au Royaume-Uni et dans certains autres pays européens, notamment l'Espagne, où les prix de l'immobilier semblent également trop élevés" actuellement.

Seul le directeur général de la CBI, principal syndicat patronal, se veut quelque peu rassurant. Il estime qu'il est important de ne pas exagérer les risques actuels "en s'emmenant en paroles vers quelque chose de bien pire" que l'atterrissage en douceur qu'il juge probable.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :