Les relations UE-Russie au coeur du sommet européen extraordinaire sur la crise en Géorgie

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Un sommet extraordinaire de l'Union européenne (UE) consacré à la crise géorgienne doit s'ouvrir ce lundi. Objectif : envisager une position commune sur l'attitude que les 27 doivent adopter face à la Russie. Un temps évoquées, les menaces de sanctions semblent avoir été écartées.

Les pays de l'Union européenne se réunissent ce lundi en sommet extraordinaire à Bruxelles pour analyser les conséquences du conflit en Géorgie et élaborer une position commune sur l'attitude que l'UE doit adopter face à la Russie.

"L'attachement de la Russie à une relation d'entente et de coopération avec le reste de l'Europe est en question. Il appartient à la Russie de faire un choix fondamental à cet égard", souligne Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, dans l'invitation à ce sommet adressée à ses 26 homologues européens.

Depuis la réaction foudroyante de Moscou à la tentative de Tbilissi de reprendre le contrôle de ses territoires séparatistes début août, "l'UE a joué un rôle de premier plan pour parvenir à un cessez-le feu", rappelle le président français, qui a négocié un plan de paix en six points. L'Europe joue maintenant sa crédibilité sur le respect de ce plan dont elle exigera à nouveau au sommet qu'il soit "appliqué pleinement". Ce qui suppose l'instauration d'un mécanisme international de supervision autour de l'Ossétie du Sud, et le lancement de discussions internationales sur l'Abkhazie et l'Ossétie. "Tant que le plan de paix signé par le président (russe) Medvedev n'est pas entièrement mis en oeuvre, il est difficile d'envisager des relations parfaitement normales avec la Russie", souligne un haut diplomate français.

En pointe dans les critiques contre Moscou, le Premier ministre britannique Gordon Brown a menacé dimanche de "revoir totalement ses relations avec la Russie", dans une tribune de presse. Pour autant, "l'heure des sanctions n'est pas venue", indique-t-on dans l'entourage du président français, "nous sommes en phase de dialogue, de dialogue ferme".

Pour l'UE - qui reconnaît être "interdépendante" de la Russie, en matière énergétique notamment - l'idée est ce lundi de "mettre sous surveillance" les relations UE-Russie, explique le haut diplomate. Dans l'immédiat, la seule mesure qu'elle envisage consisterait à suspendre temporairement les négociations sur un accord censé renforcer le partenariat UE-Russie. Après 18 mois de polémiques intra-européennes, elles ont démarré début juillet. Une deuxième rencontre est prévue les 15-16 septembre, qui menace désormais d'être reportée. Mais cette question pourrait ne pas être tranchée au sommet, prévu pour ne pas dépasser trois heures lundi après-midi. Et attendre une réunion des ministres européens des Affaires étrangères des 5-6 septembre à Avignon (France). Aucune décision radicale ne devrait être prise avant le sommet UE-Russie de mi-novembre à Nice (France), selon des diplomates.

Toute mesure "punitive" pourrait faire renaître les divisions entre pays membres: d'un côté les "durs" envers Moscou - ex-pays du bloc soviétique, Suède, d'un côté, de l'autre les pays de la "Vieille Europe" - France, Allemagne, Italie, Bénélux, plus modérés. Or l'UE doit à tout prix ce lundi "exprimer un message clair et uni", souligne Nicolas Sarkozy dans son invitation. Souci partagé par Baltes et Polonais, dont les demandes initiales de sanctions semblent oubliées.

Faute de décider du sort des négociations sur le nouvel accord, les Européens annonceront des mesures plus consensuelles: soutien économique et humanitaire renforcé à la Géorgie, préparation de l'envoi d'une mission civile d'observation. A la veille du sommet, les dirigeants russes, qui ont su exploiter dans le passé les divisions européennes, ont baissé le ton pour conforter les partisans de la poursuite du dialogue avec le Kremlin, ciblant leurs critiques sur les Etats-Unis.

Mais le président russe Dmitri Medvedev a néanmoins mis en garde les Européens contre toute mesure de rétorsion qu'ils pourraient envisager contre son pays. "Nous ne sommes pas partisans de sanctions", mais "s'il le faut, nous pourrons (en) adopter", a-t-il déclaré aux télévisions russes.

Stockholm propose un sommet UE-Europe de l'Est
"Je crois que nous devrions évoquer la possibilité d'une rencontre au sommet pour un partenariat vers l'Est, à la manière du sommet sur l'Union pour la Méditerranée cet été à Paris", a dit le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung à paraître ce lundi. Selon le ministre suédois, la Russie serait davantage pénalisée par ses interventions dans le Caucase si des pays comme la Géorgie et l'Ukraine nouaient des relations plus étroites avec l'Union européenne et l'OTAN. "N'oublions pas que la Russie a un besoin urgent de coopération et d'intégration avec le reste de l'Europe pour s'assurer un avenir meilleur", affirme Carl Bildt. La Suède a condamné la Russie dès le début du conflit en Géorgie et a estimé que la décision russe de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud constituait une "une violation claire et délibérée du droit international".

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