Dimitri Medvedev essaye de rassurer les entreprises présentes en Russie

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Après Ioukos, c'est au tour du pétrolier TNK-BP et du groupe de métallurgie/sidérurgie Metchel d'être dans le collimateur du gouvernement. Le président russe tente de soulager les inquiétudes des investisseurs.

Dimitri Medvedev appelle au calme. Le président russe a demandé, ce jeudi 31 juillet, aux pouvoirs publics du pays de cesser de harceler les investisseurs.

Il a déclaré, lors d'une rencontre consacrée aux petites et moyennes entreprises, "les hommes d'affaires sont fatigués des inspections et de toutes les sortes de tracas (...). De manière générale, il faut que nos forces de l'ordre et nos autorités cessent d'être un cauchemar pour eux". Dimitri Medvedev n'a pas hésité à évoquer les multiples tracasseries administratives et la corruption dont les entreprises font l'objet en Russie.

Face à la débâcle essuyée la semaine dernière par le marché boursier russe, où le principal indice RTS a dévissé de 10% sur la semaine, et aux commentaires désabusés de certains analystes et journaux étrangers sur la résurgence d'un véritable risque politique en Russie, le Kremlin s'est visiblement senti tenu de réagir. Il essaye de faire face au blues des investisseurs après les affaires TNK-BP et Metchel.

Depuis le démembrement du géant pétrolier Ioukos, et l'emprisonnement de son dirigeant Mikhaïl Khodorkovski en 2003 accusé de fraude fiscale, les hommes d'affaires russes se méfient.

D'ailleurs, la direction du groupe pétrolier russo-britannique TNK-BP, basée à Moscou, a annoncé en fin de semaine dernière que le président Robert Dudley avait "quitté temporairement la Russie pour diriger l'entreprise depuis l'étranger", cinq jours avant l'expiration du visa de travail de directeur.

TNK-BP et son directeur général auraient fait l'objet d'une accumulation de poursuites judiciaires, de vérifications de la part d'organismes comme l'inspection du travail ou l'administration fiscale ainsi que de décisions défavorables du service fédéral de l'immigration. Beaucoup d'observateurs voient donc dans cette campagne la main du pouvoir russe avec pour objectif une vente forcée des parts de l'actionnaire britannique à une compagnie d'Etat comme Gazprom ou Rosneft.

Jeudi 24 juillet, le Premier Ministre, Vladimir Poutine, s'est emporté contre le groupe de métallurgie et sidérurgie russe Metchel. Il l'accuse d'avoir manipulé les cours du charbon. "Je demande au Service anti-monopole et peut-être même au comité d'investigation (du Parquet général) de se pencher spécifiquement sur ce problème. Nous devons savoir ce qui se passe ici".

Cette mise en cause avait provoqué une dégringolade du titre (-27,7% à la Bourse de Moscou vendredi) et fait les gros titres des journaux en Russie vendredi, certains allants jusqu'à comparer cette affaire à celle du groupe pétrolier Ioukos, qui opposait elle aussi un groupe privé au gouvernement.

Vladimir Poutine a relancé l'accusation lundi 28 juillet. "J'ai déjà évoqué lors d'une réunion qu'une compagnie vendait sa production sur le marché extérieur plusieurs fois moins cher que sur le marché intérieur".

Selon un rapport de l'OCDE sur la Russie, publié ce jeudi 31 juillet, "le principal obstacle à un accroissement de l'investissement local et étranger est toujours lié aux incertitudes de la politique du gouvernement, en particulier le risque d'une plus forte interférence de l'Etat dans l'économie et l'impact d'un report des réformes administratives et légales nécessaires".

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