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La Tribune Afrique

En pleine crise du marché du cacao, la Côte d’Ivoire anticipe un rebond de sa production

Photo de Louis-Nino Kansoun

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Publié le 22 mai 2026 à 16:50

La Côte d’Ivoire anticipe une production de cacao d’environ 2 millions de tonnes pour la campagne 2025/2026.

La Côte d’Ivoire anticipe une production de cacao d’environ 2 millions de tonnes pour la campagne 2025/2026.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La filière cacao ivoirienne tente toujours de digérer le choc provoqué par le retournement brutal du marché mondial. Stocks invendus, tensions sur les prix payés aux producteurs et inquiétudes climatiques continuent de peser sur un secteur stratégique pour l’économie du premier producteur mondial de fèves.

La Côte d’Ivoire prévoit une production de cacao comprise entre 2 et 2,1 millions de tonnes pour la campagne 2025/2026, soit une hausse de 10,5% par rapport à la saison précédente. Cette projection, annoncée cette semaine par le Conseil Café-Cacao (CCC), représente un tournant après trois campagnes marquées par une baisse des récoltes.

Des prévisions plus optimistes que celles du marché

Les estimations du régulateur ivoirien dépassent celles avancées par plusieurs négociants et analystes. Dans une enquête menée par Reuters en mars dernier, le consensus tablait plutôt sur une production de 1,8 million de tonnes.

Selon le directeur général du CCC, Yves Brahima Koné, la hausse prévue s’explique en partie par les prix exceptionnellement élevés enregistrés lors des deux dernières campagnes. Les revenus supplémentaires obtenus auraient en effet permis à de nombreux producteurs d’investir davantage dans leurs plantations grâce à des achats accrus d’engrais et une meilleure gestion.

« Nous sommes actuellement à un peu plus de 1,7 million de tonnes au 11 mai, en termes d’arrivages de cacao dans les deux ports […]. C’est une tendance positive par rapport aux deux dernières campagnes », a-t-il déclaré.

Une filière encore secouée par la crise

Cette annonce intervient alors que le marché mondial du cacao traverse une phase de forte instabilité depuis plus d’un an. Après avoir atteint un record historique proche de 13 000 dollars la tonne à New York fin 2024, les cours ont fortement chuté pour revenir autour de 3 000 à 4 000 dollars.

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En Côte d’Ivoire, cette correction a créé un décalage majeur entre les prix internationaux et le prix garanti aux producteurs. Initialement fixé à 2 800 FCFA le kilogramme, le prix bord champ du cacao ivoirien est longtemps resté à des niveaux difficiles à soutenir, compliquant la commercialisation des fèves et fragilisant les exportateurs engagés sur des contrats conclus durant la période de flambée des prix.

Face à cette situation, les autorités ivoiriennes ont multiplié les mesures d’urgence ces derniers mois. Le gouvernement a notamment annoncé le rachat de 123 000 tonnes de cacao stockées dans les zones de production afin de fluidifier le marché et de rassurer les producteurs.

De nouvelles questions pour la filière

Si la hausse attendue constitue a priori une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire, elle soulève aussi plusieurs interrogations. La première concerne la capacité de la filière à écouler des volumes plus importants alors qu’une partie du cacao reste encore stockée dans les zones de production. Des sources citées par Reuters indiquent que certains exportateurs ont retardé leurs ventes dans l’attente d’une remontée des cours internationaux, tandis que des producteurs hésitaient à vendre à des prix jugés insuffisants.

L’évolution de l’offre mondiale constitue un autre point de vigilance. Après la pénurie observée en 2024, plusieurs analystes estiment que le marché est progressivement entré dans une phase plus excédentaire. Dans ce cadre, le retour de volumes plus élevés en Côte d’Ivoire sera observé de près par les négociants, les transformateurs et les investisseurs afin d’évaluer son impact sur les prix internationaux et les équilibres du marché.

Les inquiétudes climatiques ajoutent enfin une autre zone d’incertitude. D’après les observations relayées par le CCC, les plantations présentent actuellement moins de fleurs et de cabosses qu’à la même période l’an dernier, après plusieurs épisodes de sécheresse. Les équipes de terrain évoquent déjà des risques pour le démarrage de la prochaine grande récolte.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

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