Selon la Banque mondiale, environ 80 % des routes nigérianes étaient en mauvais état en 2024, freinant les échanges et réduisant la compétitivité des entreprises.
Le déficit infrastructurel en Afrique est l’un des plus importants au monde. Le Nigeria fait partie des pays ayant d'importants besoins en capitaux pour combler ce deficit dans les routes, les ports, le rail et l’énergie.
Au Nigeria, les autorités réfléchissent à la création d’un fonds d’investissement consacré aux infrastructures, adossé en partie aux actifs des fonds de pension, dont la valeur atteint près de 22 milliards de dollars, soit près de 20 milliards d'euros.
Selon les informations relayées par Bloomberg le 9 juillet, la Commission nationale des pensions (PenCom) travaille sur la mise en place d’un véhicule d’investissement spécifique, capable de mutualiser les ressources des divers gestionnaires de pension afin de cibler des projets jugés économiquement viables dans les réseaux routiers, le ferroviaire, ainsi que dans les systèmes énergétiques et sanitaires.
D’après le média américain, un comité du Pension Industry Leadership Council a déjà préparé le cadre d’intervention, soumis à l’approbation des Conseils d’administration des sociétés de pension.
Des besoins importants
Cette démarche devrait permettre de mobiliser une épargne de long terme pour financer des projets stratégiques dans un pays qui connaît un fort déficit infrastructurel. En effet, selon la Banque mondiale, environ 80 % des routes nigérianes étaient en mauvais état en 2024. Cette dégradation freine les échanges, augmente les coûts de transport et de logistique, et réduit la compétitivité des entreprises.
L'Indice de développement des infrastructures en Afrique (AIDI) 2025 a notamment classé le Nigeria au 27e rang sur 54 pays africains, en raison de cette situation peu reluisante des routes, de l'insuffisance des réseaux ferroviaires et de l'encombrement des ports. Pour corriger ces fragilités, le gouvernement a multiplié les interventions.
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Dans le secteur routier, le gouvernement poursuit un vaste plan national de développement destiné à remettre à niveau les grands axes, améliorer les liaisons régionales et fluidifier la circulation des personnes et des biens. Vers fin juin 2026, le président Bola Tinubu a approuvé un portefeuille de 27 projets routiers d’une valeur totale de plus de 2,4 milliards d'euros, soit 3 900 milliards de nairas, répartis dans 15 États dont Lagos, Niger, Adamawa, Benue, Cross River et Kwara.
Dans le domaine portuaire, Abuja prépare aussi plusieurs projets de modernisation d'infrastructures et de renforcement de la sécurité maritime, avec un financement de près de 182 millions d'euros, soit 286 milliards de nairas, approuvé au début de ce mois.
Le rail occupe une place tout aussi importante dans cette stratégie globale. En mai dernier, le Conseil des ministres a récemment approuvé trois grands projets ferroviaires urbains, pour un montant total d’environ 2,6 millairds d'euros soit 2,99 milliards de dollars. Inscrite dans les budgets 2025 et 2026, cette enveloppe finance la première phase de la « Green Line » à Lagos, un métro léger dans l’État de Kano, ainsi qu’un tramway dans l’État de Kaduna.
Un secteur privé déjà en première ligne
Cette orientation vers les fonds de pension s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification des sources de financement public. Abuja a déjà lancé des mécanismes permettant au secteur privé de préfinancer des projets routiers en échange d’avantages fiscaux.
D’après l’édition 2025 du rapport « Dynamiques du développement en Afrique » publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission de l’Union africaine (CUA), entre 2019 et 2023, le Nigeria a concentré 37% de la participation du secteur privé aux projets d’infrastructures en Afrique de l’Ouest, estimée à près de 20 milliards d'euros soit 22,1 milliards de dollars.