Cela faisait sept ans que Paris et Rabat n’avaient tenu cette rencontre initiée en 1997, suite à la visite en France de feu le roi Hassan II et de la volonté des deux pays d’initier un partenariat d’exception. La quinzième édition de la Réunion de haut niveau France-Maroc s’est tenue ce 16 juillet dans la capitale marocaine où le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a accueilli le Premier ministre français, lui-même à la tête d’une délégation de 12 ministres. « Cette réunion n’est pas un aboutissement, mais une étape », a souligné Stéphane Lecornu. Une étape après la nouvelle trajectoire tracée par le président français Emmanuel Macron et le roi Mohammed VI en octobre 2024, qui a depuis lors ouvert la porte à une coopération accélérée et souvent très industrielle, en témoigne notamment les récents investissements de Safran. « En moins de deux ans, plus de quarante visites enregistrées confirment la dynamique entre nos deux pays […] Le royaume poursuivra avec détermination la mise en œuvre de notre partenariat stratégique renforcé », a déclaré Aziz Akhannouch.
A la clé, 14 nouveaux accords qui « témoignent que nous sommes capables d’aller encore plus loin », estime le chef du gouvernement français qui a répété à plusieurs reprises la volonté de « changer d’échelle ». Les accords signés touchent à divers domaines. Dans le transport, un plan d’action 2026-2028 unie désormais des deux pays pour définir les axes de coopération technique dans l’aviation civile et l’Agence française de développement (AFD) va fournir un prêt pour le financement du projet de RER à Rabat. Dans l’économie portuaire, les deux pays s’engagent à renforcer leurs échanges académiques et techniques via l’Ecole nationale supérieure maritime et l’Institut supérieur d’études maritimes. Pour la coopération dans l’industrie de défense, les ministres de tutelle ont adopté les termes de référence du comité bilatéral en vue de développements qui devraient intervenir prochainement en termes de projets conjoints. Dans le domaine de l’eau, identifié comme ultra-stratégique dans un Maroc qui sort à peine de sept années consécutives de sécheresse, un financement de l’AFD va permettre de financer la politique nationale. Plusieurs autres secteurs -notamment la diplomatie, l’eau ou l’éducation avec le renforcement de l’enseignement de la langue arabe dans les écoles françaises - ont jalonné les échanges de cette réunion de haut niveau.