Dette : le Ghana dit être au « stade final » de sa restructuration

Accra doit néanmoins encore finaliser les accords avec la moitié de ses créanciers publics, dans le Cadre commun du G20.
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Accra doit néanmoins encore finaliser les accords avec la moitié de ses créanciers publics, dans le Cadre commun du G20.
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À Accra, le gouvernement ghanéen a franchi lundi l'une des dernières étapes de la restructuration de sa dette. Il a échangé 253,2 millions de dollars, soit environ 221 millions d'euros d'obligations contre 155 millions de nouveaux titres. Une opération que le ministère des Finances présente comme une « étape majeure » sur le chemin de la sortie de crise.
Cette décision survient plus de trois ans après le défaut de paiement du Ghana, en décembre 2022. Le pays, l'un des grands producteurs d'or et de cacao du continent, avait cessé d'honorer une partie de sa dette, plombé par la flambée mondiale des taux, l'inflation et des années de dépenses publiques mal maîtrisées.
Les titres concernés, appelés obligations Saderea, avaient été émis en 2014 pour financer des projets dans le secteur de la santé. Ils passaient par une société créée en Irlande, un montage courant pour lever des fonds sur les marchés. Sur les 253,2 millions USD empruntés à l'époque, il restait 117,8 millions dollars soit environ 103 millions d'euros à rembourser en janvier, selon le ministère. C'était le dernier morceau de la dette obligataire du pays, celle levée sur les marchés, qui n'avait pas encore été renégocié.
En échange de leurs anciens titres, les créanciers reçoivent de nouvelles obligations remboursables en 2035 et 2037, pour 116 et 39 millions de dollars soit environ 101,3 et 34 millions d'euros. L'opération allège sensiblement la charge qui pèse sur Accra.
Rémunérés jusqu'ici à 12,5% et arrivant à échéance dès 2026, ces titres ne portent désormais qu'un coupon de 1,5% au mieux, et leur remboursement est reporté de près d'une décennie. Les porteurs consentent ainsi à une double concession, sur le rendement et sur l'échéancier, en contrepartie d'une perspective de paiement redevenue crédible. L'unanimité des détenteurs a permis d'étendre l'accord à tous. Dès le 23 juin, des créanciers représentant plus des deux tiers de l'encours l'avaient approuvé, selon Reuters.
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« Cet échange amène le Ghana au stade final de sa restructuration de dette extérieure », affirme le ministère des Finances dans son communiqué. Pour l'agence de notation S&P Global Ratings, les accords conclus couvraient déjà, en mars, près de 97 % de la dette à restructurer.
Ce dénouement arrive alors que l'économie ghanéenne se redresse, sans que tout soit revenu au beau fixe. L'inflation est tombée à 5,3% en juin, un niveau très inférieur aux plus de 20 % de fin 2024, même si elle est légèrement remontée après avoir touché un plus bas de près de trente ans au printemps. La croissance devrait avoisiner 4,8% cette année, selon le FMI. Le cedi, lui, a vu s'effacer une partie de son spectaculaire rebond : monnaie la plus performante au monde en 2025, il a reperdu près de 8,4% face au dollar depuis janvier, pour s'échanger autour de 11,5 par dollar à la mi-juillet.
Le ratio d'endettement, en revanche, a nettement reflué. La dette publique est retombée à environ 45% du produit intérieur brut (PIB) fin 2025, contre près de 62% un an plus tôt, selon la Banque du Ghana. Le FMI prévoit toutefois qu'il remonte autour de 53% fin 2026, une fois pris en compte l'effet de la restructuration. L'institution a par ailleurs validé en mai la sixième et dernière évaluation de son programme d'appui au pays.
Tout n'est cependant pas terminé. Ce que boucle l'échange de lundi, c'est la dette empruntée sur les marchés sous forme d'obligations. Restent les créanciers publics, ces États qui ont prêté au Ghana : Accra doit encore finaliser les accords avec la moitié d'entre eux, dans le Cadre commun du G20 qui réunit les grands pays prêteurs, ainsi qu'avec ses derniers créanciers privés.
« Les autorités ont réalisé des progrès significatifs », reconnaît le FMI, qui les invite à emprunter avec prudence pour retrouver durablement l'accès aux marchés financiers. La reprise récente des émissions de dette de l'État en monnaie locale est, à ses yeux, un premier signe de confiance retrouvée.