Zambie : de récents signaux du FMI indiquent un retour discret vers la crédibilité

Idriss Linge, Agence Ecofin

Le président Hakainde Hichilema espère bientôt récolter les fruits de ses efforts de discipline budgétaire.
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Idriss Linge, Agence Ecofin

Le président Hakainde Hichilema espère bientôt récolter les fruits de ses efforts de discipline budgétaire.
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En cette fin de janvier 2026, le Fonds monétaire international a validé la dernière revue de son programme économique avec la Zambie, ouvrant la voie au décaissement final d’environ 190 millions de dollars, soit près de 175 millions d’euros. Cette tranche vient clore une mise à disposition globale de ressources en devises, pour un montant total de 1,7 milliard de dollars accordé depuis 2022, dans le cadre d’un programme destiné à restaurer la stabilité macroéconomique du pays et sa capacité à rembourser ses créanciers internationaux.
Pour les autorités zambiennes, ce moment est d’abord politique. Le ministre des Finances, Situmbeko Musokotwane, y voit la reconnaissance d’un effort de discipline budgétaire engagé dans un contexte difficile, marqué par la pandémie, la sécheresse et la crise de la dette. Mais pour les investisseurs, l’enjeu dépasse largement le montant débloqué. La fin d’un programme FMI menée à son terme constitue un signal de crédibilité institutionnelle rare pour un pays africain récemment restructuré. Elle indique que les engagements ont été tenus, y compris lorsque les choix étaient impopulaires.
Malgré ce satisfecit, la Zambie reste souvent perçue comme un pays fragile, lourdement endetté et dépendant de la Chine. Cette vision est encore largement relayée par les agences de notation et par une partie des analystes internationaux. Elle repose sur des éléments bien réels du passé, mais elle peine à intégrer les évolutions récentes. Or, les marchés ont tendance à ajuster leur jugement avec retard, surtout après une crise de dette et une situation de défaut de paiement. Les étiquettes de « marché frontière » ou de pays à risque évoluent toujours plus lentement que l’amélioration continue des fondamentaux. Aujourd’hui, la Zambie se trouve dans une zone intermédiaire : elle n’est plus dans l’urgence macroéconomique, mais doit encore être reconnue comme une économie en transition vers un statut plus stable. Ce décalage crée un narratif dominant de prudence, alors même que les indicateurs commencent à raconter une autre histoire.
Sur le plan économique, les signaux sont pourtant clairs. La croissance dépasse à nouveau les 5%, portée par la production de cuivre, une récolte agricole record et une amélioration progressive de la production d’électricité, essentielle à l’activité industrielle. Dans le même temps, l’inflation ralentit et les autorités monétaires cherchent à la ramener vers une zone plus compatible avec la stabilité des prix. La dette reste élevée, mais sa nature a changé. Le principal enjeu n’est plus le stock hérité du passé, mais la capacité à gérer les flux : déficit public, service de la dette, réserves de change et crédibilité budgétaire. La restructuration engagée avec les créanciers progresse, apportant davantage de visibilité.
Pour les investisseurs, cela modifie profondément le profil risque/rendement : le risque extrême recule, alors que les actifs restent valorisés comme si la situation n’avait pas changé.
Le prochain grand rendez-vous pour la Zambie sera politique. Le pays doit organiser des élections présidentielles et législatives en 2026, un moment traditionnellement sensible pour les finances publiques. Comme ailleurs, la tentation d’un relâchement budgétaire existe : hausse des dépenses sociales, subventions ciblées, ralentissement des réformes. C’est précisément sur ce point que les investisseurs restent attentifs. Jusqu’à présent, le gouvernement du président Hakainde Hichilema et le ministère des Finances ont maintenu une ligne de discipline, y compris dans un contexte social exigeant. Le défi sera de préserver cette trajectoire en période électorale, afin d’éviter toute rupture de crédibilité.
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Enfin, la Zambie bénéficie d’un atout structurel souvent sous-estimé : sa place dans la chaîne mondiale du cuivre, un métal clé de la transition énergétique. La demande mondiale progresse rapidement et les investisseurs privilégient de plus en plus des pays capables d’offrir à la fois des ressources naturelles, de la stabilité macroéconomique et un cadre réglementaire lisible. Sur ces critères, la Zambie présente aujourd’hui un profil sensiblement amélioré par rapport à il y a cinq ans : risque politique plus contenu, probabilité réduite de contrôles de capitaux et environnement financier renforcé après les réformes bancaires. Autrement dit, le pays n’est plus seulement une affaire de redressement post-crise, mais commence à ressembler à une option stratégique pour la croissance et la transition énergétique. Le décalage entre cette réalité et le narratif dominant reste important — et c’est précisément là que se situe l’opportunité.
Idriss Linge, Agence Ecofin
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