Cabo Verde franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique avec l’appui de l’Europe
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Cabeólica, premier projet éolien à grande échelle en Afrique.
Photo DR
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Cabeólica, premier projet éolien à grande échelle en Afrique.
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Cabo Verde vient de mettre en service de nouvelles turbines, accompagnées d’un système de stockage par batteries (BESS), dans le cadre de l’extension du projet éolien Cabeólica. Cette initiative a bénéficié d’un financement de 39 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Entré en service en 2012, le projet Cabeólica était déjà considéré comme un jalon de la transition énergétique de l’archipel. Selon les données officielles, il fournit aujourd’hui 20% de l’électricité nationale, une part qui devrait atteindre 30% avec cette nouvelle phase. L’extension permettra d’augmenter la capacité éolienne de 13,5 MW et d’ajouter 26 MWh de stockage par batteries répartis sur quatre îles de l’archipel.
Le projet est présenté comme la première initiative nationale combinant à grande échelle production d’énergie et BESS. Il devrait générer plus de 60 gigawattheures d’énergie propre par an, réduire la production thermique coûteuse et abaisser les émissions de dioxyde de carbone d’environ 50 000 tonnes par an.
« Le projet éolien Cabeólica a déjà changé la donne pour les progrès du Cap-Vert vers ses objectifs en matière d'énergie renouvelable. Il constitue un modèle pour les petits États qui cherchent à exploiter le potentiel éolien pour produire une énergie propre », a souligné Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.
L’enveloppe mise à disposition par la BEI pour cette extension s’ajoute à un prêt de 28 millions d’euros accordé en 2010 pour la phase initiale. La Banque européenne n’est pas la seule à soutenir le projet : la Banque africaine de développement (BAD) accompagne Cabeólica depuis ses débuts.
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En juin dernier, la BAD a approuvé un financement de 19,6 millions d’euros pour l’extension. Cette enveloppe comprend un prêt d’environ 12,6 millions d’euros de la BAD et un prêt concessionnel de 7 millions d’euros du Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), un fonds multi-donateurs géré par la banque africaine.
« L’extension de Cabeólica, dans sa phase II, constitue une étape majeure dans la transition énergétique de Cabo Verde. En combinant production éolienne supplémentaire et système de stockage par batteries, ce projet fournira une électricité renouvelable fiable et à faible coût, tout en facilitant l’intégration des énergies renouvelables variables dans le réseau national », a déclaré cette semaine la BAD. Selon des détails précédemment communiqués, le projet bénéficiera d’un contrat d’achat d’électricité de 20 ans avec la compagnie nationale Electra S.A., à des tarifs nettement inférieurs au coût moyen de production national.
L’entrée en service de cette extension intervient alors que le gouvernement de Cabo Verde a réaffirmé son objectif de porter la part des énergies renouvelables à 50% du mix énergétique d’ici 2030.
Si l’extension de Cabeólica contribue à progresser vers cet objectif, la transition énergétique dépend toutefois de facteurs plus larges. Il faudra mobiliser des financements supplémentaires, stabiliser un cadre réglementaire encore en évolution, moderniser le réseau et consolider les compétences locales dans la gestion du stockage et de l’intermittence.
Pour les bailleurs, ce projet illustre l’efficacité d’un montage hybride combinant prêt concessionnel, expertise technique et partenariat public-privé dans un petit État insulaire. Pour Cabo Verde, il représente une avancée notable, même si ses résultats devront être évalués sur la durée, en fonction de l’évolution de la demande, de la disponibilité des financements et de la capacité du réseau à absorber une production renouvelable accrue.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin