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Après le recul du vandalisme, le Nigeria cherche 1,7 milliard d'euros pour remettre à niveau ses pipelines

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 07 janvier 2026 à 12:46

Pipeline pétrolier au Nigeria, un maillon clé du réseau de transport d’hydrocarbures en cours de réhabilitation par la NNPC.

Pipeline pétrolier au Nigeria, un maillon clé du réseau de transport d’hydrocarbures en cours de réhabilitation par la NNPC.

DR

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Après des années de pertes liées au vol de brut, le Nigeria cherche désormais à transformer le recul du vandalisme en capacité industrielle durable, en restaurant et modernisant des pipelines dégradés afin de sécuriser les flux, soutenir la production et consolider les recettes.

La société publique nigériane du pétrole, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), est en discussions avancées pour sécuriser un financement de 2 milliards de dollars (1,70 milliard d'euros), destiné à la réparation et à la modernisation de son réseau de pipelines. Selon des sources proches du dossier, les fonds, attendus début 2026 et apportés par Nexus Alliance, doivent permettre de remettre en état des infrastructures durablement endommagées par le vol de brut et le vandalisme, qui ont longtemps pénalisé la production et les recettes du pays.

Cette levée de fonds s’inscrit dans une phase charnière pour le secteur pétrolier nigérian.

Sécuriser mais surtout fiabiliser

Après des décennies marquées par des pertes massives sur les oléoducs, la NNPC a annoncé avoir repris le contrôle opérationnel de ses flux, ce qui implique que la question du vandalisme est désormais maîtrisée. L’enjeu n’est plus seulement de sécuriser les infrastructures, mais désormais de les rendre pleinement fonctionnelles et fiables, afin de consolider les gains récents et soutenir la remontée de la production.

Concrètement, les 2 milliards de dollars visés doivent financer des travaux de réparation, de remplacement d’équipements, de renforcement de l’intégrité des conduites et de réduction des fuites sur les principaux axes de transport du brut et du gaz. L’objectif est de limiter les pertes techniques et empêcher la reconstitution de points de vulnérabilité susceptibles d’être exploités par des réseaux de siphonage.

La NNPC n’a pas précisé la ventilation exacte des investissements, mais les zones historiquement les plus touchées, notamment dans le delta du Niger, sont directement concernées.

Cette initiative intervient alors que la NNPC mène un effort plus large de refinancement. En parallèle des discussions avec Nexus Alliance, la compagnie travaille à mobiliser 30 milliards de dollars (25,6 milliards €) d’ici 2027, avec un palier intermédiaire prévu en 2026. Cette stratégie vise à réduire la dépendance de la société aux ressources budgétaires de l’État fédéral et à asseoir son nouveau statut d’entreprise commerciale, conformément aux réformes introduites par le code pétrolier.

Transformer la sécurité retrouvée en capacité industrielle

Si la question des pipelines devient aujourd’hui centrale, c’est parce qu’elle est directement liée à l’amélioration du contexte sécuritaire revendiquée par les autorités. Fin août 2025, la NNPC affirmait que les actes de vandalisme et de vol de brut avaient été presque totalement éradiqués grâce à des opérations conjointes associant forces armées, services de renseignement et sociétés privées de sécurité.

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Bashir Bayo Ojulari, le patron de la NNPC, avait alors indiqué que les volumes de brut effectivement réceptionnés aux pipelines et aux terminaux d’exportation atteignent désormais près de 100%, contre environ 30% sur certains axes en 2022. Une situation qui privait l’État de 10 à 15 milliards de dollars de recettes par an.

Pour les autorités, cette victoire sécuritaire ne peut produire d’effets durables sans une remise à niveau physique des infrastructures. Pendant près de deux décennies, le vandalisme a provoqué des corrosions, des fuites chroniques et des détériorations structurelles sur les pipelines, réduisant leur capacité réelle, même en l’absence de vols.

Un levier d'industrialisation

Cette dynamique est étroitement liée aux objectifs affichés par la NNPC. La compagnie vise une production de 1,8 million de barils par jour en 2026, avec une cible de 2 millions en 2027. La fiabilité du réseau de transport constitue un facteur clé pour atteindre ces niveaux, dans un pays où les interruptions techniques ont longtemps pesé aussi lourd que les contraintes sécuritaires.

La stratégie s’étend au gaz, avec le gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano (AKK), estimé à 2,8 milliards de dollars, dont la connexion complète est désormais attendue début 2026 après la résolution de défis techniques majeurs, notamment le franchissement du fleuve Niger. Pour la direction de la NNPC, ce projet est conçu comme un levier d’industrialisation du nord du pays, en alimentant des centrales électriques, des unités d’engrais etc.

Si les plans engagés par la NNPC reposent avant tout sur la sécurisation et la remise à niveau technique des pipelines, la manière dont l’héritage environnemental laissé par des années de vandalisme et de raffinage clandestin sera intégré à cette stratégie est une inconnue à surveiller. Une étude menée en 2025 dans 18 communautés de Rivers State fait état de niveaux de pollution atmosphérique largement supérieurs aux normes de l’OMS, tandis que la Nigeria Extractive Industries Transparency Initiative (NEITI) plaide pour la création d’un fonds dédié à la prévention durable des pertes.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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