En Afrique du Sud, une erreur administrative va alourdir les factures d’électricité sur trois ans

Les prix de l’électricité en Afrique du Sud sont sont encadrés par le régulateur, la National Energy Regulator of South Africa.
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Les prix de l’électricité en Afrique du Sud sont sont encadrés par le régulateur, la National Energy Regulator of South Africa.
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Dimanche 8 février, le régulateur sud-africain de l’énergie a donné son feu vert à une hausse progressive des tarifs de l'électricité, afin de permettre à la compagnie publique Eskom de récupérer près de 55 milliards de rands (environ 2,9 milliards d’euros) sur trois ans. Cette décision fait suite à des erreurs de calcul commises lors d’une précédente fixation des prix. Les premières hausses entreront en vigueur dès cette année.
Dans le système sud-africain, les prix de l’électricité ne sont pas librement fixés par le fournisseur public. Ils sont encadrés par le régulateur, la National Energy Regulator of South Africa (NERSA), qui détermine à l’avance les revenus qu’Eskom est autorisé à percevoir sur plusieurs années. En janvier 2025, la NERSA avait ainsi arrêté un cadre tarifaire couvrant trois ans, suite à quoi Eskom a signalé des erreurs de calcul dans les montants autorisés. Selon les détails disponibles, ces erreurs, reconnues par le régulateur, avaient été identifiées avant l’annonce officielle, mais n’avaient pas été corrigées à temps.
Pour régler la situation rapidement, les deux parties avaient initialement opté pour un accord à l’amiable, prévoyant une compensation financière d’environ 2,9 milliards d'euros. Mais cette démarche a été contestée devant la justice par plusieurs parties prenantes, qui estimaient qu’une correction de cette ampleur ne pouvait être décidée sans procédure transparente. Cela a conduit la Haute Cour sud-africaine à exiger une révision complète du processus, ainsi que l’organisation d’une consultation publique.
À l’issue de cette procédure, le régulateur a finalement autorisé Eskom à récupérer la somme sur trois ans, via des hausses tarifaires pouvant aller jusqu’à 8,3% par an, jusqu’à l’exercice 2028. La récupération se fera par étapes, avec environ 12 milliards de rands (environ 632,2 millions d'euros) dès la première année. Aucune hausse rétroactive ne sera appliquée, a précisé la NERSA. Le régulateur justifie cette approche par la nécessité de concilier la viabilité financière de la compagnie publique et la capacité des consommateurs à absorber les hausses, dans un contexte économique déjà tendu.
Cette décision survient dans un pays où le coût de l’électricité constitue depuis des années un problème majeur pour les ménages comme pour les entreprises. Depuis 2008, les prix y ont été multipliés par près de huit, selon l’Energy Intensive Users Group, qui représente les plus gros consommateurs industriels d’électricité, notamment dans les secteurs minier et métallurgique.
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Ces coûts pèsent particulièrement sur des industries très énergivores comme celle du ferrochrome, un alliage utilisé dans la fabrication d’acier inoxydable. L’Afrique du Sud, qui concentre environ 80 % des réserves mondiales connues de minerai de chrome, a vu plusieurs de ses producteurs menacer de suspendre leur activité face à des factures devenues difficilement soutenables.
Pour les autorités de la nation arc-en-ciel, l’équation reste complexe. Eskom, pilier du système électrique national, doit assurer l’entretien du réseau et la sécurité de l’approvisionnement, alors que ses finances sont toujours un sujet de préoccupation. Chaque hausse de tarif alimente toutefois le mécontentement social et fragilise des pans entiers de l’économie.
À moyen terme, le gouvernement mise sur une réforme plus profonde du secteur, avec une ouverture accrue à la production privée et aux énergies renouvelables, afin de réduire la dépendance à Eskom et de contenir la trajectoire des prix. En attendant, la correction d’une erreur administrative ancienne se traduira, pour les consommateurs sud-africains, par des factures plus élevées sur les trois prochaines années.