Électricité : l’Ethiopie et le Kenya signent un nouvel accord d'achat

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Depuis 2018, la demande de pointe kenyane en électricité a progressé de près de 35 %.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Depuis 2018, la demande de pointe kenyane en électricité a progressé de près de 35 %.
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L’Ethiopian Electric Utility (EEU) et la Kenya Power and Lighting Company (KPLC), les sociétés publiques en charge de la distribution d’électricité dans les deux pays respectivement, ont signé ce 10 juillet, un nouvel accord de fourniture qui vient renforcer leur coopération transfrontalière. Le prix de l’énergie exportée par l’Éthiopie est fixé à 24,07 birrs soit 0,13 euros par Kwh auquel s’ajoute un coût de capacité (rémunère le fait d’avoir une source d’électricité fiable et mobilisable) de 1 010,89 birrs soit 5,5 euros par Kwh.
Si cet accord confirme la volonté des deux pays de structurer sur le long terme un commerce d’électricité plus stable, la collaboration a été entérinée avec l’accord d’achat conclu en juillet 2022, qui a ouvert la voie aux premières exportations éthiopiennes vers le marché kényan. Ce cadre contractuel de 25 ans constitue le socle de l’échange, donnant une visibilité de long terme aux deux opérateurs publics. Au-delà de cet arrangement qui concerne le réseau public, un partenariat permet depuis 2011, l’acheminement transfrontalier d’électricité de l’Éthiopie vers la ville frontalière de Moyale et des zones environnantes du nord du Kenya.
Pour Addis-Abeba, cette coopération avec Nairobi dans l’énergie reste stratégique dans un contexte où il dispose d’une capacité de production importante, notamment portée par ses infrastructures hydroélectriques, au premier rang desquelles figure le Grand barrage de la Renaissance (GERD), dont la puissance dépasse 5 000 MW.
Cette montée en puissance place l'Ethiopie parmi les acteurs électriques les plus ambitieux du continent.
Les autorités du pays entendent jouer un rôle important tant comme fournisseur que comme acteur technique dans les projets d’intégration régionale comme l’Eastern Africa Power Pool (EAPP), conçu pour fluidifier les échanges d’électricité entre États de la région affichant des excédents et des déficits structurels de production.
Du côté kényan, cette coopération répond à la nécessité de satisfaire des besoins en forte progression. Depuis 2018, la demande de pointe en électricité a progressé de près de 35 %, selon des données de la Banque africaine de développement (BAD), sous l’effet de l’augmentation du nombre de ménages raccordés, des programmes d’électrification et de la hausse de la consommation des foyers. À cela s’ajoutent la croissance industrielle et l’urbanisation, qui renforcent les besoins en énergie pour alimenter les usines, les services et les infrastructures.
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Si face à cette tendance, les capacités installés ont augmenté avec 90 % sur un mix électrique renouvelable dominé par la géothermie, l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire, le pays a fortement accru ses importations sur les 5 dernières années.
Selon les données du Bureau kenyan des statistiques (KNBS), les importations d’électricité sont passées de 288 Gwh en 2021 à 1 721 Gwh en 2025.
Face à cette situation, les autorités ont déjà engagé de nouveaux chantiers. En juillet 2026, la Kenya Electricity Transmission Company (KETRACO) a examiné des projets d’investissements privés estimés entre 50 et 65 milliards de shillings (entre 339,19 et 441 millions d'euros) afin de développer de nouvelles lignes à haute tension et de nouveaux postes électriques. Cette stratégie vise à moderniser un réseau de transport devenu crucial pour absorber la demande et éviter les pertes liées aux goulots d’étranglement.
Plus tôt en mars dernier, le pays annonçait la construction d’une nouvelle centrale électrique au gaz de 1,2 GW. L’installation Elle nécessitera un investissement total de 2,9 milliards USD (environ 2,537 milliards d'euros) et sera implantée à Dongo Kundu, dans la ville de Mombasa, pour être développée par la compagnie publique d’électricité KenGen en partenariat avec des investisseurs privés.
Espoir Olodo, Agence Ecofin