L’accord porte sur le développement des infrastructures nécessaires au transport, au traitement, au stockage et à la distribution du gaz naturel ivoirien.
Alors que ses volumes de gaz disponibles devraient augmenter dans les prochaines années, Abidjan veut éviter que cette ressource reste difficile à valoriser, faute d’infrastructures adaptées. Le futur plan directeur gazier doit aider à organiser son transport, son traitement et sa distribution.
Abidjan, la Banque mondiale et Eni Côte d’Ivoire ont signé, le 8 juillet dernier un protocole d’accord destiné à accompagner l’élaboration du futur plan directeur gazier du pays, le Gas Master Plan. L’accord porte sur le développement des infrastructures nécessaires au transport, au traitement, au stockage et à la distribution du gaz naturel.
Selon les informations relayées par APA, l’État ivoirien assurera le pilotage stratégique de l’initiative, tandis qu’Eni apportera son expertise technique et que la Banque mondiale fournira un appui ciblé à travers son projet PRIME-GAS. La Banque mondiale concentrera son appui sur les segments dits midstream et downstream, c’est-à-dire les infrastructures situées entre la production offshore et les usages finaux. Cela couvre le transport, le stockage et la distribution du gaz vers les centrales électriques, les zones industrielles et les réseaux concernés.
« Notre appui technique pour le futur Plan Directeur Gazier vise à doter le pays d’une feuille de route rigoureuse pour développer les infrastructures de transport et de distribution nécessaires », a déclaré Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.
Baleine, gaz et les besoins en infrastructures
Cette information intervient alors que le projet Baleine, principal champ pétrogazier actuellement exploité en Côte d’Ivoire, entre dans une nouvelle phase. En mai, Eni, Petroci et Vitol ont approuvé la décision finale d’investissement pour la troisième phase de développement du projet.
Cette étape doit mobiliser environ 4 milliards USD (environ 3,5 milliards d'euros), avec une mise en service attendue dans un délai de 32 à 36 mois. Elle doit permettre de porter la production pétrolière de 60 000 à 150 000 barils par jour, tandis que la production gazière devrait passer de 80 à 200 millions de pieds cubes par jour.
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Eni présente le gaz produit dans le cadre du projet comme destiné au marché intérieur ivoirien. Ce choix rend la question des infrastructures centrale. Produire plus de gaz ne suffit pas si le pays ne dispose pas des installations nécessaires pour l’acheminer, le traiter et l’utiliser dans de bonnes conditions.
De la ressource offshore à l’énergie utile
L’enjeu dépasse la seule production de gaz. La Côte d’Ivoire fait face à une hausse rapide de ses besoins électriques. Première économie de l’UEMOA, le pays voit sa consommation d’électricité progresser avec l’extension du réseau, l’urbanisation et l’activité industrielle. Le thermique, largement alimenté par le gaz, occupe déjà une place dominante dans la production électrique nationale.
Au-delà de la consommation locale, le pays cherche aussi à consolider son rôle régional. Il exporte déjà de l’électricité vers plusieurs voisins ouest-africains et occupe une place importante dans les interconnexions électriques régionales, à travers le système d’échange d’énergie électrique ouest-africain.
Pour réussir sur tous les tableaux, la Côte d’Ivoire devra faire le lien entre ses ressources offshore et les usages réels. Le futur plan gazier devra clarifier les besoins d’infrastructures, les priorités d’investissement, le cadre réglementaire et la place du secteur privé.