Data centers : Raxio accélère son expansion africaine sur fond du boom annoncé du cloud

Robert Skjødt, directeur général Raxio Group.
DR

Robert Skjødt, directeur général Raxio Group.
DR
Raxio Group, opérateur de centres de données présent dans plusieurs pays africains, a porté à 380 millions de dollars, soit environ 333 millions d’euros, les capitaux mobilisés pour financer son développement sur le continent, selon son directeur général, Robert Skjødt.
Dans un entretien accordé cette semaine à Bloomberg, il a indiqué que le groupe a obtenu de nouveaux financements de ses principaux actionnaires, le fonds d’infrastructure Meridiam et la société d’investissement Roha Group. Il n’a toutefois pas précisé le montant de ces nouveaux apports ni la part des 380 millions de dollars effectivement déployée dans ses différents projets.
Raxio construit des centres de données dits « carrier neutral », accessibles à divers opérateurs télécoms, fournisseurs de cloud et entreprises. L’entreprise exploite déjà des installations en Ouganda, en Éthiopie, en République démocratique du Congo, au Mozambique, en Côte d’Ivoire et en Angola.
Selon Robert Skjødt, les nouveaux capitaux doivent permettre au groupe d’élargir ce réseau dans des marchés africains encore peu équipés. Le dirigeant a présenté la Tanzanie comme la prochaine étape de son expansion.
La Tanzanie figurait déjà, en 2023, parmi les sept marchés ciblés par un programme de financement de 170 millions de dollars obtenu par Raxio auprès de l’Emerging Africa Infrastructure Fund et de Proparco. Ce premier financement a été complété en avril 2025 par un prêt de 100 millions de dollars accordé par la Société financière internationale.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le projet tanzanien est aujourd’hui identifié sous le nom de TZ1. Selon les informations publiées par Raxio sur son site web, le centre doit être implanté à Dar es Salaam et entrer en service en 2026. Il devrait disposer d’une puissance informatique de 6 MW, accueillir 800 baies et offrir 4 000 m² d’espace technique.
L’opérateur le présente comme le premier centre de données carrier neutral et certifié Tier 3 de Tanzanie. Il compte aussi s’appuyer sur la position de Dar es Salaam et sur les réseaux de fibre régionaux pour desservir les entreprises locales, mais également certains pays enclavés d’Afrique de l’Est. Raxio n’a pas encore précisé le coût de TZ1, l’état d’avancement des travaux ni la date exacte de sa mise en service.
L’information intervient alors que les besoins africains en stockage et en traitement des données devraient fortement progresser, sous l’effet du cloud, de la numérisation des services et de l’intelligence artificielle.
Selon le cabinet d’études Arizton, les investissements dans les data centers africains pourraient atteindre 8,76 milliards de dollars en 2031. Le segment de la colocation, qui correspond au modèle de Raxio, devrait croître plus rapidement encore, porté par la demande pour des infrastructures partagées et accessibles à plusieurs opérateurs.
Si les principaux hubs continentaux concentrent toujours une grande partie des projets, des pays comme la Tanzanie, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Ghana, le Mozambique, le Maroc, Djibouti et le Gabon attirent désormais davantage l’attention. Arizton estime qu’ils pourraient capter ensemble environ 1,36 milliard de dollars d’investissements d’ici 2031.
Ces perspectives ne garantissent toutefois pas que toutes les installations trouveront immédiatement suffisamment de clients. Pour Raxio, l’enjeu sera de rentabiliser des infrastructures coûteuses dans des pays où la demande reste moins profonde que dans les grands pôles du continent.
La disponibilité et le coût de l’électricité pèseront également sur ses projets. Les centres de données exigent une alimentation continue, des équipements de secours et des systèmes de refroidissement performants. Ces contraintes s’accentuent à mesure que les opérateurs cherchent à accueillir des usages liés à l’intelligence artificielle.
Avec des capitaux portés à 380 millions de dollars, Raxio dispose de moyens renforcés pour poursuivre son expansion. Reste à déterminer la vitesse à laquelle ces moyens se traduiront par de nouvelles capacités opérationnelles et si la croissance du cloud dans ces pays créera une demande suffisante pour les rentabiliser.