Pays enclavé, le Burkina Faso dépend des ports des États voisins pour ses échanges extérieurs. Depuis quelques années, les autorités cherchent à renforcer les liaisons avec les corridors régionaux et à réduire les coûts logistiques.
Au Burkina Faso, le projet de port sec multimodal de Ouagadougou (PSMO), localisé à TanghinDassouri, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, vient de recevoir un coup de pouce financier de 20 milliards FCFA (environ 30,5 millions d'euros) de la Banque ouestafricaine de développement (BOAD). Ce soutien a été annoncé le vendreid 26 juin à Lomé au Togo, en marge de la 151e session ordinaire du Conseil d’administration de l’institution financière régionale.
Un projet pour connecter Ouagadougou aux grands corridors
Dans les détails, le financement de la BOAD cible la première phase du projet, qui porte notamment sur l’aménagement des terrains, la construction des premières capacités de stockage et de manutention, ainsi que la mise en place des infrastructures de base (voiries internes, réseaux, bâtiments, etc.).
À terme, le PSMO est dimensionné pour un coût total de plus de 78 milliards FCFA (environ 118,9 millions d'euros). Selon les informations officielles, il vise à regrouper sur un même site les principaux pôles de transport de la ville, dont la gare routière internationale (Ouagarinter).
Le complexe comprendra également un terminal à conteneurs relié aux principaux axes routiers et ferroviaires, des entrepôts et aires de stockage pour les marchandises en transit et les produits locaux, un parc de stationnement pour poids lourds afin de gérer les mouvements de camions, et un espace spécialisé pour la logistique des produits alimentaires d’exportation.
Ce projet vient compléter le port sec de BoboDioulasso (Boborinter), dont les travaux d’extension et de réhabilitation ont coûté 10 milliards FCFA (environ 15,25 millions d'euros).
Réduire la dépendance aux pays côtiers
Ce projet de port sec intègre une stratégie de long terme pour doter la capitale d’une plateforme logistique capable de traiter les flux de marchandises burkinabè et en transit vers le Mali, le Niger, ainsi que d’autres pays de l’hinterland sahélien. Pour le Burkina Faso, il représente un levier pour réduire la dépendance visàvis des ports côtiers, et renforcer sa position dans les échanges sous-régionaux.
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Historiquement, le pays s’appuie sur des corridors majeurs, comme Abidjan-Ouagadougou ou Tema-Ouagadougou, pour acheminer ses importations (produits pétroliers, biens manufacturés, équipements, etc.) et exporter ses produits (coton, bétail, produits agricoles, etc.). Dans un contexte de diversification des corridors en Afrique de l’Ouest, cette plateforme donne au pays davantage de marge de manoeuvre.
En disposant de points intérieurs capables d’absorber les flux, le Burkina Faso peut mieux tirer parti des différents itinéraires (via la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, voire, à terme, via les ports mauritaniens ou guinéens) en fonction des conditions de marché et des performances de chaque route.
Ce nouveau financement de la BOAD vient conforter un peu plus le Plan national de développement pour la période 2026-2030, dans le transport. Sur ladite période, les autorités veulent faire passer la contribution du secteur au PIB de 1,2% en 2024 à 2,2% en 2030.