Financement : la Banque mondiale investit plus de 3 milliards d'euros sur dix ans en Ouganda

Henry Musasizi, ministre ougandais des Finances, lors du lancement du Cadre de partenariat pays avec la Banque mondiale, le 29 juin à Kampala.
Photo DR

Henry Musasizi, ministre ougandais des Finances, lors du lancement du Cadre de partenariat pays avec la Banque mondiale, le 29 juin à Kampala.
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Le gouvernement ougandais a officiellement lancé, lundi 29 juin, le nouveau Cadre de partenariat pays (Country Partnership Framework – CPF) conclu avec le Groupe de la Banque mondiale, ainsi que le nouvel Examen des finances publiques (Public Finance Review). Ces deux documents doivent guider les réformes économiques du pays au cours de la prochaine décennie, à un moment où Kampala se prépare à l’entrée en production de ses premiers projets pétroliers d’envergure.
Adopté par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale au début du mois de juin, le nouveau CPF couvre la période 2026-2035. Il définit la stratégie d’intervention de l’institution pour accompagner l’ambition de l’Ouganda de devenir, d’ici à 2040, un pays moderne, prospère et compétitif à revenu intermédiaire supérieur, conformément à la Vision 2040, au quatrième Plan national de développement (NDP IV) et à la stratégie gouvernementale de croissance dite « Tenfold Growth Strategy ».
Le cadre repose sur une approche intégrée du Groupe de la Banque mondiale visant à attirer davantage d’investissements privés. L’institution prévoit ainsi de mobiliser et catalyser jusqu’à 3,8 milliards de dollars de capitaux privés, soit 3,3 milliards d'euros destinés à accélérer la transformation économique du pays. Cette stratégie s’articule autour de quatre priorités : le renforcement de la gouvernance économique, le développement du capital humain, l’amélioration des infrastructures et le soutien à un secteur privé plus productif et inclusif.
Présidant la cérémonie de lancement à Kampala, le ministre ougandais des Finances, Henry Musasizi, a réaffirmé que le gouvernement entend poursuivre une gestion prudente de l’économie afin de concrétiser son objectif de faire de l’Ouganda une économie de 500 milliards de dollars.
« Notre priorité à venir restera d’exécuter prudemment la stratégie de croissance décuple pour transformer l’Ouganda en une économie de 500 milliards de dollars, en imposant une discipline absolue, en renforçant la mobilisation des recettes, la création de richesse et la gestion des revenus pétroliers », a déclaré le ministre.
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Selon lui, malgré un contexte international marqué par de multiples chocs économiques, le pays est parvenu à préserver sa stabilité macroéconomique. Il a notamment mis en avant les progrès réalisés en matière de gestion des finances publiques, de transparence budgétaire, de gestion de la dette, de mobilisation des recettes fiscales et d’amélioration de la gestion des investissements publics.
Henry Musasizi a toutefois insisté sur la nécessité de mesurer les politiques publiques à leurs résultats concrets plutôt qu’au volume des dépenses engagées.
« Alors que nous augmentons les investissements publics, souvenons-nous que le développement ne se mesure pas à la taille de nos budgets, au nombre de projets approuvés ou de politiques adoptées, mais aux vies transformées, aux opportunités créées et à l’impact durable sur les citoyens », atil précisé.
Le lancement du CPF s’accompagne de la publication d’un nouvel Examen des finances publiques, dont les conclusions interviennent à un moment stratégique pour l’économie ougandaise. Le rapport estime que l’arrivée prochaine des recettes pétrolières représente une opportunité majeure, mais souligne que cellesci ne garantiront pas, à elles seules, une croissance durable.
Selon la Banque mondiale, la prospérité de long terme dépendra avant tout du maintien d’institutions solides, d’une gestion efficace des dépenses publiques, d’un renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et de la poursuite des investissements dans le capital humain.
L’institution encourage ainsi les autorités à éviter une dépendance excessive aux revenus des hydrocarbures et à utiliser cette nouvelle manne pour renforcer les fondamentaux de l’économie.
Présent lors de la cérémonie, le directeur de division de la Banque mondiale pour le Kenya, le Rwanda, la Somalie et l’Ouganda, Qimiao Fan, a expliqué que le Groupe de la Banque mondiale entend désormais privilégier des programmes de transformation sectorielle plutôt que des projets isolés.
Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de l’institution, qui met davantage l’accent sur la création d’emplois, le développement du secteur privé et la mobilisation de financements privés à grande échelle afin d’accélérer la croissance. La Banque mondiale affirme ainsi vouloir accompagner l’Ouganda dans la levée des principaux obstacles qui freinent encore l’investissement privé, notamment les coûts élevés du financement, les contraintes d’infrastructures et les faiblesses institutionnelles.
Selon les objectifs fixés dans le CPF, les interventions devraient notamment permettre d’élargir l’accès à l’électricité, d’améliorer les services de santé et d’éducation, de renforcer la connectivité des infrastructures et de créer davantage d’emplois grâce à une croissance davantage tirée par le secteur privé.