De Heus affronte sur le marché africain des concurrents comme ses compatriotes Nutreco et Koninklijke DSM, les Américains Cargill et Novus International, et l’Allemand BASF SE.
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De Heus poursuit son expansion sur le marché africain des aliments pour animaux
Royal De Heus est la plus importante entreprise familiale indépendante de production d’aliments pour animaux aux Pays-Bas. La compagnie étoffe depuis peu sa présence sur le continent africain.
Le18 février prochain, le néerlandais De Heus, spécialisé dans la nutrition animale, mettra officiellement en service une nouvelle unité industrielle à Athi River, au Kenya. Débutée en avril 2024 et achevée au début de ce mois, la construction a nécessité un investissement global de 3 milliards de shillings kenyans (environ 19,6 millions d’euros).
L’usine présente une capacité initiale de 200 000 tonnes d'aliments composés par an, extensible à 260 000 tonnes. Elle ciblera une gamme étendue de produits spécialisés pour la volaille, les porcs, les ruminants et l'aquaculture. Avec cet investissement, la compagnie entend tirer profit des opportunités économiques sur le marché kenyan, l’un des plus importants d’Afrique de l’Est. En effet, le pays fait face selon ses autorités à un déficit critique d'aliments pour bétail, d'environ 33 millions de tonnes métriques par an, soit 60 % de la demande annuelle évaluée à 55 millions de tonnes.
Cet important décalage au Kenya illustre plus globalement l’ampleur des besoins en aliments pour animaux sur le continent africain, où cette industrie doit rapidement monter en régime pour soutenir le développement de l’élevage. De la volaille au bœuf, les filières sont sous pression pour répondre à la demande galopante en protéines animales, dans le sillage du boom démographique, de l’augmentation des revenus et de l’urbanisation.
Une expansion accélérée en 2025
Dans un tel contexte qui offre de nombreuses opportunités d’affaires, l’entreprise néerlandaise s’est engouffrée dans la brèche en déployant son expertise dans les prémélanges, concentrés et les aliments complets adaptés, et en enchaînant les installations et projets d’installations. Avant Athi River, le groupe a ainsi inauguré le 2 septembre dernier, une unité de 100 000 tonnes annuelles dédiée à l'aquaculture à Njeru en Ouganda, pour 25 millions USD (environ 21 millions d’euros).
Il a annoncé le même mois son intention d’ouvrir une nouvelle unité de production en Côte d'Ivoire, dans la région de Korhogo au Nord du pays. De quoi renforcer des positions déjà prises grâce à sa filiale locale qui exploite depuis 2023, une unité de production d’aliments pour volaille d’une capacité de 120 000 tonnes par an, à Attinguié. Plus tôt, en mars 2025, De Heus a lancé en Afrique du Sud une usine d’aliments pour bovins de 15 000 tonnes/an, complétant ses sites existants dans le pays. Plus globalement, le groupe fondé en 1911 et opérant plus de 86 usines dans le monde, possède aussi des unités de production au Ghana, en Égypte et en Éthiopie.
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Un marché croissant
L'expansion de De Heus capitalise sur un marché africain des aliments pour animaux en pleine croissance. Selon le dernier « Agri-Food Outlook » de la société américaine Alltech, la production d’aliments pour animaux sur le continent a atteint 57,7 millions de tonnes en 2024, soit 7,2% de plus qu’en 2023, et la plus importante croissance d’une année à l’autre au monde. D’après la firme, 40 nouvelles usines d’alimentation animale y ont été installées toujours en 2024, portant le nombre total à 2 228 unités.
Avec une dynamique portée par l’aviculture qui représente 45% de l’offre africaine, ce marché devrait encore croître sur la prochaine décennie. Pour le cabinet spécialisé en intelligence économique Precision Business Insights, le marché africain des aliments pour animaux, évalué à 22,75 milliards USD (environ 19,2 milliards d’euros) en 2025, devrait progresser de 13,4% par an en moyenne pour atteindre 54,88 milliards USD (environ 46,3 milliards d’euros) d'ici 2032.
De quoi y entretenir la concurrence alors qu’il n’a pas encore atteint sa maturité, entre des acteurs déjà bien implantés qui souhaitent consolider leurs positions dans la durée, et ceux qui souhaitent s’y lancer pour saisir les opportunités d’affaires anticipées. Dans la région, De Heus affronte des concurrents tels que ses compatriotes Nutreco et Koninklijke DSM, ainsi que les Américains Cargill et Novus International, et l’Allemand BASF SE.