BYD est désormais la quatrième marque automobile la plus populaire au Maroc. Lancement de la BYD SEAL sur le marché automobile marocain, le mardi 19 décembre 2023, au BYD Store corniche Casablanca.
La visite au Maroc de Stella Li, vice-présidente de BYD, illustre l’ambition croissante du constructeur chinois sur le continent. Porté par des véhicules électriques à bas coût et un réseau de distribution qui s’étend à une vingtaine de pays, BYD bouscule les positions de Renault, Volkswagen ou Nissan au Maroc, en Afrique du Sud et bien au-delà.
Stella Li, vice-présidente exécutive du constructeur automobile BYD, s’est rendue au Maroc la semaine dernière, à l’invitation d’Auto Nejma, distributeur local du leader chinois des véhicules électriques. La visite de la responsable des ventes automobiles à l’international dans le royaume chérifien est loin d’être anodine pour la croissance de BYD, tête de pont de l’offensive des constructeurs automobiles chinois en Afrique.
Fin septembre en Europe, les constructeurs automobiles chinois ont, pour la première fois, vendu davantage de voitures particulières que leurs homologues sud-coréens. Selon les données de l’Institut d’études de marché Dataforce, MG, BYD, Chery et les autres marques chinoises présentes sur le Vieux Continent représentaient 7,4% du marché.
Grâce notamment à l’avantage compétitif dont ils disposent en matière de technologies de batteries à bas prix, les constructeurs chinois s’imposent dans le segment des voitures électriques et hybrides, avec respectivement 11 % et 20 % de parts sur le marché européen. Outre une qualité significativement meilleure qu’il y a quelques années, les prix plus bas proposés séduisent les consommateurs européens qui sont désormais de plus en plus nombreux à envisager des marques chinoises, plutôt que les constructeurs historiques comme Mercedes ou Renault.
Percée au Maroc et en Afrique du Sud
L’électrique et le prix sont également les deux atouts sur lesquels misent les constructeurs chinois, à l’heure de s’imposer sur le marché africain. Au Maroc, où le constructeur français Renault est solidement implanté avec une part de marché de 39,1% au premier semestre 2025, BYD est en plein essor. Quasi nulle l’année dernière, la part de marché du constructeur chinois a atteint 2,63 % en juillet 2025, selon l'Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Cette croissance a même soutenu les résultats du distributeur exclusif local, qui a annoncé une hausse de 70 % des ventes de véhicules sur la première moitié de l’année.
Auto Nejma attribue une partie de cette progression à l’arrivée de nouvelles gammes hybrides et électriques BYD, qui ont contribué à des ventes de 1982 unités de véhicules au deuxième trimestre 2025, contre 971 sur la même période un an plus tôt. Selon un sondage Ipsos cité par le directeur général d’Auto Nejma, Adil Bennani, BYD est désormais la quatrième marque automobile la plus populaire du royaume.
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L’Afrique du Sud est l’autre marché principal du continent où se remarque la concurrence croissante imposée par les marques chinoises aux constructeurs occidentaux. Symbole de cette croissance chinoise dans la nation arc-en-ciel, BYD prévoit d’installer entre 200 et 300 stations de recharge rapide en Afrique du Sud d’ici fin 2026. Historiquement présents avec les marques Nissan, Renault ou encore Volkswagen, les groupes occidentaux se voient progressivement distancer par leurs rivaux d’Asie. Au deuxième trimestre 2025, les constructeurs automobiles chinois représentaient 15 % du marché sud-africain des véhicules neufs, contre 3,1 % en 2022.
Une ambition plus grande
En entrant sur le marché béninois en avril 2025, BYD a porté à 17 le nombre de pays africains où il est présent. Le constructeur chinois, qui a réalisé 107 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024, s’est associé pour cette expansion au concessionnaire CFAO Mobility, présent dans une quarantaine de pays sur le continent. Du Rwanda au Nigeria, en passant par la Côte d’Ivoire et le Sénégal, les modèles de BYD sont désormais présents dans plusieurs capitales africaines où le groupe s’implante progressivement.
Face à cette concurrence chinoise de plus en plus agressive, les constructeurs automobiles se retrouvent à la croisée des chemins. Dans ce nouveau rapport de force, ils devront décider quelles armes utiliser pour résister, entre adaptation de leur offre avec des véhicules abordables, renforcement de la production locale pour baisser les coûts ou investissement dans les véhicules électriques. Le géant Stellantis a recours déjà à ces trois méthodes avec son plan stratégique d’ici 2030. Pour y parvenir, il investit dans des capacités de production en Afrique du Sud et au Maroc, prévoit d’assembler localement des modèles hybrides et électriques, et a noué un partenariat avec le chinois Leapmotor pour distribuer des SUV électriques à bas coût sur les marchés émergents, dont l’Afrique.