L’indien UPL veut miser 890 millions d'euros sur le bioéthanol en Afrique du Sud

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le maïs, une ressource clé envisagée pour le projet de bioéthanol d’UPL.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le maïs, une ressource clé envisagée pour le projet de bioéthanol d’UPL.
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En Afrique du Sud, l’agro-industriel indien UPL a annoncé lors de la South Africa Investment Conference 2026 (SAIC) un projet de production de bioéthanol, pour un montant de 17 milliards de rands (891 millions d'euros).
Dans les détails, l’investissement porte sur la construction d’une usine capable de produire 1,3 milliard de litres de bioéthanol par an, à partir de la canne à sucre et du maïs et cible la mise en culture d’environ 400 000 hectares de sorgho à des fins de transformation.
« Il [le projet, NDLR] permettra d’injecter des montants significatifs directement auprès des agriculteurs, qu’ils soient petits exploitants ou grandes entreprises. Cette initiative positionne l’Afrique du Sud comme un leader potentiel dans le secteur des biocarburants, tout en soutenant le développement rural et la création d’emplois. […]. Cet investissement démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsque l’État joue un rôle actif de facilitateur de partenariats, lève les obstacles et aligne les acteurs autour d'un objectif commun », indique Dean Macpherson, ministre des Travaux publics et des Infrastructures de l'Afrique du Sud.
Cette annonce intervient alors que le pays, comme l’ensemble de ses voisins, subit de plein fouet la flambée des cours du brut, liée à la guerre en Iran depuis la fin février, avec à la clé la perspective d’une facture pétrolière alourdie et de nouvelles tensions sur les finances publiques.
Si ni le site de la future usine ni le calendrier précis des travaux n’ont encore été dévoilés, ce projet d’envergure apparaît déjà comme une opportunité pour réduire, à moyen terme, la dépendance du pays aux importations de carburants.
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Aujourd’hui, l’Afrique du Sud produit une partie de ses carburants de manière synthétique à partir de gaz et de charbon – environ 108 000 barils par jour en 2023, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), mais doit encore compléter sa production par d’importants volumes de diesel, de brut et d’essence importés.
Entre 2020 et 2023, le pays a importé en moyenne 316 000 barils de produits pétroliers par jour, dont près des trois quarts sous forme de diesel, d’essence et de composants de mélange.
Parallèlement, la part des produits raffinés importés dans l’approvisionnement en carburants (essence, diesel, kérosène) a dépassé 60 % au troisième trimestre 2023, selon l’Association de l'industrie pétrolière sud-africaine (SAPIA). Cette évolution illustre un renforcement de la dépendance aux marchés internationaux.
Dans son rapport annuel 2023, l’organisation soulignait d’ailleurs que l’Afrique du Sud a perdu environ 50% de sa capacité de raffinage et ne dispose plus aujourd’hui que d’une raffinerie côtière et de deux raffineries intérieures.
Le projet d’UPL s’inscrit dans un environnement réglementaire de plus en plus lisible et incitatif pour les biocarburants en Afrique du Sud.
Adopté en 2020, le Biofuels Regulatory Framework met en branle la stratégie nationale des biocarburants de 2007 et fixe une trajectoire claire d’intégration des biocarburants dans le « fuel pool » national. La première phase, dont le déploiement a effectivement commencé en août 2025, prévoit un taux initial d’intégration de 2% de biocarburants dans l’ensemble des carburants de transport, à partir de biocarburants de première génération issus de cultures agricoles comme la canne à sucre ou encore le soja. Une deuxième phase doit porter cette pénétration à 4,5% en volume, une fois le premier palier atteint.
Ce cadre s’appuie sur des règles de mélanges obligatoires déjà en vigueur, qui imposent aux acteurs pétroliers licenciés d’acheter et de mélanger une proportion minimale de bioéthanol et de biodiesel à l’essence et au diesel, créant ainsi une demande garantie pour les producteurs.
La stratégie nationale stipule par ailleurs que le maïs doit être utilisé de manière prudente pour éviter toute concurrence excessive avec les besoins alimentaires, tout en encourageant une diversification des matières premières où la canne à sucre occupe une place centrale.
Pour UPL, ce cadre offre une visibilité à moyen terme sur les débouchés et les conditions de marché. À ce titre, le projet pourrait servir de test grandeur nature : s’il se révèle viable, il est susceptible d’attirer d’autres investisseurs et de structurer durablement la filière des biocarburants en Afrique du Sud.
Espoir Olodo, Agence Ecofin