Les conditions de crédit indexées sur l'atteinte d'objectifs environnementaux permettent au Cap-Vert de valoriser son potentiel touristique de manière durable.
The Sun
Cabo Verde Airports, filiale de Vinci Airports, franchit une étape clé de son expansion avec l'obtention d'un prêt de 40 millions d’euros. Ce financement soutient la modernisation durable des sept aéroports de l'archipel, pilier de son économie touristique.
L'Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund (EAAIF), géré par Ninety One, une société internationale de gestion d’actifs avec une présence en Afrique du Sud et au Royaume-Uni, a officiellement annoncé avoir mis à disposition 40 millions d'euros en financement lié au développement durable au profit de la société de gestion des aéroports du Cap-Vert, une société exploitée en concession à 100% par le groupe français Vinci, via sa filiale Vinci Airports. L’annonce officielle, intervenue ce 27 janvier vient confirmer publiquement une transaction bouclée en décembre dernier par les parties prenantes.
Ce montant fait partie d’un cycle de mobilisation de capitaux essentiels pour la deuxième phase du projet de modernisation du réseau national, dont le coût global est estimé à environ 142 millions d'euros selon les projections de Vinci Concessions. Ce prêt de l'EAAIF vient s'ajouter aux ressources déjà mobilisées auprès de la Société financière internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque mondiale, et de la DEG, l'institution allemande de financement du développement.
Pour l'archipel situé à environ 650 kilomètres de Dakar, au Sénégal, à un peu plus d'une heure en avion, cette étape est capitale car elle sécurise le financement d'un plan d'investissement qui s’étale sur trois ans. Thanzi Ramukosi, spécialiste de l'investissement chez Ninety One, souligne d'ailleurs que cet engagement reflète une volonté de « financer des infrastructures de transport essentielles qui soutiennent une croissance inclusive tout en limitant l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre ». L’investissement garantit la pérennité d'une destination touristique majeure, dont la stabilité repose sur l’ambition de bâtir une infrastructure capable d'absorber une hausse revendiquée du trafic de 60% observée entre 2022 et 2025, d'après les communications de Vinci.
Une architecture financière hybride
La structure de ce financement, une réplique de ce qu’on a observé lors de la première phase, repose sur un mécanisme de prêt lié à la performance durable, une innovation qui indexe les conditions de crédit sur l'atteinte d'objectifs environnementaux précis. Concrètement, le coût du prêt pourra varier en fonction de la capacité de Cabo Verde Airports à respecter une trajectoire de décarbonation rigoureuse. Les mesures de durabilité intégrées au programme comprennent l'installation de panneaux solaires photovoltaïques avec stockage en batterie sur site, la modernisation des terminaux pour une meilleure efficacité énergétique, la mise en place de protections solaires extérieures pour améliorer le confort des occupants et réduire la demande en énergie, des installations de recyclage de l'eau et de traitement des eaux usées, ainsi que des systèmes améliorés de drainage des eaux de surface. « Le programme prévoit également l'engagement de réduire les émissions des aéroports de 30 % d'ici 2030, suivant une trajectoire cohérente avec l'objectif de Vinci Concessions d'atteindre le « zéro émission nette » d'ici 2050 », peut-on lire dans le communiqué.
Par ailleurs, ce montage, qualifié de financement « non-recours », signifie que la dette est supportée par les revenus générés par les aéroports eux-mêmes et non par le bilan consolidé de la maison-mère, Vinci Airports. Cette approche permet de protéger l'investisseur tout en garantissant que les bénéfices de l'exploitation aéronautique, dont 80% proviennent des flux internationaux selon les données de l'Agence de l'Aviation Civile (AAC) du Cap-Vert, soient prioritairement réinjectés dans l'entretien et la modernisation du réseau. L'Agence de l'Aviation Civile veille par ailleurs à ce que ces investissements respectent les normes de sécurité de l'Organisation de l'aviation Civile Internationale (OACI), tout en encadrant les tarifs pour préserver l'accessibilité du transport entre les îles pour la population locale. L'importance de ces travaux de modernisation dépasse largement la simple mise aux normes techniques. Dans un État insulaire comme le Cap-Vert, la connectivité aérienne est le poumon de l'économie, le tourisme pesant pour environ 25% de la richesse supplémentaire globale créée, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC).
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