L’accord signé le 27 mai 2026 fixe le cadre juridique et fiscal de l’exploration et de la production d’hydrocarbures, ainsi que du partage des revenus du projet Cabora Bassa.
Le projet Cabora Bassa, développé dans le nord du Zimbabwe par Invictus Energy depuis 2018, pourrait ouvrir la voie à la première production gazière commerciale du pays. Il s’appuie notamment sur le gisement de Mukuyu, où des découvertes de gaz et de condensats annoncées en 2023 ont relancé les ambitions énergétiques de Harare.
Cette fin mai, le Zimbabwe a signé un accord de partage de production pétrolière et gazière (PPSA) avec Geo Associates, filiale majoritairement détenue par la société australienne Invictus Energy. L’accord fixe le cadre juridique, fiscal et opérationnel qui encadrera l’exploration, la production et le partage des revenus du projet Cabora Bassa.
La signature, intervenue à Harare en présence de plusieurs responsables gouvernementaux, dont le ministre des Finances, marque une étape structurante pour un secteur gazier encore inexistant à l’échelle commerciale dans le pays.
Le dispositif repose sur un modèle hybride permettant à l’État de percevoir sa part en numéraire ou en nature, sous forme de gaz ou de pétrole. Le mécanisme prévoit également une augmentation progressive de la part revenant à l’État en fonction de la rentabilité du projet.
À travers cette initiative, le Zimbabwe cherche à réduire sa dépendance aux importations énergétiques, renforcer sa sécurité d’approvisionnement et soutenir son industrialisation grâce au développement de ressources domestiques.
Accélération des travaux autour du gisement de Mukuyu
La découverte de Mukuyu en 2023 a marqué un tournant dans l’évolution du projet. Depuis, Invictus Energy a accéléré ses travaux d’exploration et de préparation au développement, en consolidant les données géologiques et en structurant les prochaines phases de forage. Le programme prévoit le forage du puits Musuma-1 au second semestre 2026. Ce forage cible environ 1,2 trillion de pieds cubes de gaz et 73 millions de barils de condensats.
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Plus largement, le gisement de Mukuyu, cœur du projet, présente un potentiel estimé à environ 20 trillions de pieds cubes de gaz et 845 millions de barils de condensats, selon les données communiquées par la compagnie.
Ces volumes placent Cabora Bassa parmi les projets d’exploration les plus prometteurs de la région, même si leur conversion en réserves commercialement exploitables dépend encore des futurs résultats de forage et d’évaluation.
Une phase pilote de production est également envisagée. Elle prévoit la production d’électricité à partir du gaz de Mukuyu afin d’alimenter la mine d’or Eureka, exploitée par Dallaglio Investments. Le projet prévoit une capacité initiale de 12 MW, extensible jusqu’à 50 MW. Cette approche doit permettre une première valorisation locale du gaz dans un pays confronté à des déficits chroniques d’approvisionnement énergétique.
Un cadre réglementaire en consolidation
Le projet a franchi plusieurs étapes réglementaires ces derniers mois. Le permis d’exploration SG 4571 a été prolongé pour trois années supplémentaires jusqu’en juin 2027, offrant davantage de visibilité aux investisseurs et aux opérateurs engagés dans le développement du bassin. En parallèle, l’étude d’impact environnemental et social a été validée en 2025 par les autorités compétentes.
Malgré ces avancées, Cabora Bassa reste à un stade précoce. Les prochaines étapes dépendront notamment des résultats du forage Musuma-1, de la confirmation du potentiel commercial de Mukuyu et de la capacité du Zimbabwe à maintenir un environnement réglementaire attractif pour les investissements pétroliers et gaziers.
À moyen terme, le projet pourrait devenir un pilier de la stratégie énergétique nationale. Sa transformation en production commerciale dépendra toutefois de la réussite des campagnes d’exploration et de la mobilisation des financements nécessaires au développement des infrastructures.