La consommation ivoirienne d'électricité progresse d'environ 10 % par an, portée par l'urbanisation, l'industrialisation et l'extension continue du réseau national.
En signant un accord-cadre dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables, la Côte d’Ivoire et l’Algérie entendent renforcer leur coopération industrielle tout en répondant à la forte progression de la demande d’électricité ivoirienne. Le partenariat prévoit des mesures d’urgence pour stabiliser le réseau, mais aussi des investissements dans la production, les infrastructures et le transfert de technologies.
La Côte d’Ivoire et l’Algérie ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique, avec la signature, cette fin juin à Abidjan, d’un accord-cadre consacré aux secteurs de l’énergie et des énergies renouvelables. Paraphé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue algérien, Mourad Adjal, ce partenariat vise à accompagner la montée des besoins énergétiques de la première économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tout en ouvrant de nouveaux débouchés industriels pour les entreprises algériennes.
L'accord prévoit une combinaison de mesures destinées à répondre aux besoins immédiats du système électrique ivoirien, et à préparer son développement à plus long terme.
Une réponse aux tensions sur le réseau électrique
Dans l'immédiat, les deux pays se sont engagés à déployer des groupes mobiles représentant une capacité supplémentaire de 100 MW, afin de renforcer l'approvisionnement en électricité. Le partenariat comprend également la modernisation des infrastructures de transport et de distribution grâce à la construction de lignes à haute tension de 225 kV et 400 kV, ainsi que la fourniture d'équipements critiques destinés à améliorer la fiabilité du réseau.
« La mise en œuvre de ce partenariat contribuera à apporter une réponse immédiate et stratégique aux défis opérationnels actuels de notre réseau électrique », a déclaré Mamadou Sangafowa-Coulibaly à l'occasion de la signature.
Cette coopération survient dans un contexte où la consommation d'électricité progresse d'environ 10% par an en Côte d'Ivoire, portée par la croissance économique, l'urbanisation rapide, l'industrialisation et l'extension continue du réseau national. Malgré un taux de couverture électrique désormais supérieur à 94%, les autorités cherchent à éviter que cette dynamique ne se traduise par des tensions sur les capacités de production et les infrastructures de transport.
Une coopération qui dépasse l'approvisionnement en électricité
Au-delà des mesures d'urgence, l'accord ouvre la voie à une coopération industrielle plus large. Les deux gouvernements envisagent notamment l'acquisition d'équipements de production conçus en Algérie dans le cadre d'un projet de centrale électrique de 1 500 MW en Côte d'Ivoire.
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Le partenariat prévoit également un programme de formation destiné aux ingénieurs ivoiriens afin de favoriser le transfert de compétences, ainsi que des discussions sur l'implantation d'unités de fabrication de matériels électriques et de plateformes régionales de distribution d'équipements énergétiques.
Pour Alger, cette coopération constitue une opportunité d'exporter son savoir-faire industriel et énergétique vers l'Afrique de l'Ouest, dans le cadre de la stratégie de diversification économique engagée ces dernières années. Les autorités algériennes mettent en avant une approche fondée sur le partage d'expertise et le renforcement de la coopération Sud-Sud.
Des investissements importants pour accompagner la croissance
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus globale de renforcement des capacités électriques ivoiriennes. Début juin, le gouvernement a finalisé les accords de financement pour la construction d'une centrale à cycle combiné de 372 MW à Songon, dans le district d'Abidjan, un projet destiné à soutenir la demande croissante en électricité de l'agglomération économique du pays.
Selon le Plan directeur de production-transport, la Côte d'Ivoire prévoit de porter sa capacité électrique installée de 5 127 MW à l'horizon 2030 à 8 604 MW en 2040. Les autorités souhaitent parallèlement maintenir un objectif de 45 % d'énergies renouvelables dans le mix électrique, en développant notamment les filières solaire, hydroélectrique et biomasse.
Le gouvernement explore également des solutions de plus long terme pour diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique, parmi lesquelles figurent les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), encore au stade exploratoire.
Un des principaux producteurs et exportateurs d'électricité en Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire alimente déjà plusieurs pays voisins, dont le Ghana, le Burkina Faso, le Mali, le Liberia et le Togo. Dans ce contexte, le renforcement des capacités de production et du réseau de transport constitue un enjeu stratégique non seulement pour répondre à la demande intérieure, mais aussi pour préserver le rôle du pays comme fournisseur régional d'électricité au sein du marché ouest-africain.