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La Tribune Afrique

Gaz naturel : la Libye veut profiter de l’après-Russie pour redevenir un fournisseur clé

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 04 février 2026 à 16:15

Siège de la National Oil Corporation (NOC) à Tripoli, Libye.

Siège de la National Oil Corporation (NOC) à Tripoli, Libye.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Avec l’arrêt prévu des importations de gaz russe par l’UE d’ici 2027, la Libye tente d’accroître sa production pour se positionner comme fournisseur majeur de l’Europe dès 2030. Un pari industriel qui repose sur une relance massive des forages, y compris de gaz de schiste.

L’Union européenne a acté l’interdiction progressive des importations de gaz russe, avec un arrêt total du GNL dès le début de 2027 et du gaz acheminé par gazoduc à l’automne 2027. Dans ce contexte, la Libye prévoit d’augmenter sa production de gaz naturel au cours des cinq prochaines années afin de disposer de volumes supplémentaires destinés à l’exportation vers l’Europe à partir du début de la décennie 2030. L’annonce rapportée, mardi 3 février, a été faite par le président de la société publique du pétrole (NOC), Masoud Suleman.

Le pays vise une production proche de 1 milliard de pieds cubes standards par jour à cette échéance et prévoit de lancer des forages de gaz de schiste dès le second semestre de cette année pour atteindre son objectif. La Libye dispose de 80 trillions de pieds cubes (tcf) de réserves de gaz, réparties entre ressources conventionnelles et non conventionnelles.

Des exportations historiquement basses 

Les exportations actuelles restent concentrées sur un seul débouché, l’Italie, via le gazoduc Greenstream. Cette infrastructure a une capacité théorique de 8 milliards de mètres cubes par an, soit environ 775 millions de pieds cubes par jour. Les volumes effectivement transportés sont très inférieurs à ce potentiel. En 2025, elles se sont limitées à 105 millions de pieds cubes par jour. Ce niveau constitue le plus bas enregistré depuis plus de deux décennies. Il représente une baisse de 22% par rapport à l’année précédente et seulement 11% du record historique de 964 millions de pieds cubes par jour atteint en 2007. Il s’agit de la sixième année consécutive de recul des flux via Greenstream.

Cette ambition intervient dans un contexte de prudence des investisseurs depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Les rivalités entre factions armées et les fermetures répétées de champs pétroliers et gaziers ont longtemps freiné les projets énergétiques. Depuis le cessez-le-feu de 2020, le climat sécuritaire est jugé moins dissuasif par plusieurs compagnies internationales. BP, Shell, Eni, OMV et Repsol ont repris ou renforcé leurs activités depuis 2024. La NOC cherche à améliorer la gouvernance du secteur et à restaurer la confiance des partenaires étrangers.

Pour la Libye, le gaz représente un levier de diversification des revenus énergétiques, encore dominés par le pétrole. Le pays célèbre une production de brut de 1,374 million de barils par jour en 2025, mais ses exportations gazières restent historiquement basses. La stratégie consiste à convertir ses importantes réserves en volumes commercialisables vers l’Europe, tout en développant les ressources non conventionnelles.

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Une fenêtre européenne qui se referme progressivement

Du côté de l’Union européenne, la demande de gaz connaît un repli structurel, la consommation totale ayant chuté de 20% entre 2021 et 2024. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), elle pourrait encore diminuer de 8 à 10 % d’ici 2030.

Le plan REPowerEU, qui vise à remplacer jusqu’à 100 milliards de mètres cubes de gaz par des renouvelables et des mesures d’efficacité énergétique, met sous pression les futures exportations de gaz vers le vieux continent. Les importations totales de gaz et de gaz naturel liquéfié (GNL) de l’UE pourraient ainsi diminuer de 25% entre 2024 et 2030.

La sortie progressive du gaz russe maintient néanmoins une recherche de fournisseurs alternatifs. La Libye voit dans cette reconfiguration du marché une opportunité de repositionnement. Sa capacité à augmenter ses exportations dépendra toutefois de la stabilisation durable de ses institutions, de la sécurisation des infrastructures et de la rapidité de montée en production.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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