Kenya Airways replonge dans le rouge en 2025, mais l’optimisme demeure

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Kenya Airways a enregistré une perte de 115 millions € en 2025.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Kenya Airways a enregistré une perte de 115 millions € en 2025.
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En 2025, le transporteur national kényan a enregistré une perte nette de 17,1 milliards de shillings (115 millions d'euros), effaçant l’embellie observée un an plus tôt. En 2024, Kenya Airways avait en effet renoué avec les bénéfices, affichant un résultat net de 5,51 milliards de shillings (37 millions d'euros), une première après onze exercices consécutifs dans le rouge.
Ce retour aux pertes s’explique notamment par un recul de 14% du chiffre d’affaires, tombé à 161,47 milliards de shillings (1,1 milliard d'euros), dans un contexte de réduction de 18 % des capacités. Selon Mary Mwenga, directrice financière, trois Boeing 787-8 Dreamliner ont été temporairement immobilisés, en raison de pénuries de moteurs et de retards d’approvisionnement en pièces critiques, sur fond de perturbations persistantes des chaînes logistiques mondiales.
« Même si nos résultats financiers reflètent une année difficile, il est important de reconnaître que cette situation est principalement due à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale et non à un manque de demande », a souligné Kiprono Kittony, président du conseil d’administration.
Si cette nouvelle contreperformance ravive le souvenir d’une décennie compliquée, la direction veut croire à un retournement de tendance. « L'appétit pour les voyages reste fort, et la pertinence stratégique de Kenya Airways n'a jamais été aussi évidente », affirme Kiprono Kittony.
La performance de 2024 reposait en grande partie sur des gains de change, liés à l’appréciation de plus de 20% du shilling face au dollar. Cette fois, la compagnie entend améliorer ses résultats sur le plan opérationnel.
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Dès juillet, Kenya Airways a annoncé le déploiement d’un Boeing 777-300 supplémentaire sur la liaison vers Londres. La compagnie a également scellé début mars un partenariat stratégique avec TUI Airline Holidays, filiale du géant allemand du tourisme TUI Group, pour relancer sa plateforme de réservation KQ Holidays et envisage également d’intégrer des Boeing 777 cargo à sa flotte pour booster sa capacité fret de 250 tonnes supplémentaires d’ici fin 2026.
Parallèlement, George Kamal, directeur général par intérim, indique que des efforts sont en cours pour remettre en service les appareils immobilisés. Deux moteurs sont attendus d’ici fin avril pour permettre la remise en exploitation d’un premier Boeing 787, tandis que « deux autres moteurs arriveront en mai et début juin afin de libérer le second appareil avant la haute saison », précise-t-il.
Cette stratégie intervient dans un contexte de forte reprise du trafic, portée notamment par les perturbations du transport aérien liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le conflit en Iran, depuis fin février, a contraint de nombreuses compagnies à revoir leurs routes, augmenter leurs tarifs ou réduire leurs escales dans le Golfe.
Dans ce contexte, Kenya Airways a enregistré une nette progression de ses taux de remplissage. « Cela a augmenté de manière significative. Nous avons atteint un taux de remplissage total de 90 %, voire 99 %. […] C’est sur les axes en provenance d'Europe, des États-Unis et d'Asie que nous observons les gains les plus importants. Ces lignes contribuent très positivement à notre réseau actuellement », a déclaré George Kamal dans des propos rapportés par Reuters le 23 mars.
Il faudra toutefois attendre les résultats du premier trimestre pour mesurer pleinement l’impact de ces mesures. Plusieurs analystes estiment néanmoins que ces initiatives pourraient insuffler une nouvelle dynamique à la compagnie, qui cherche activement un investisseur stratégique pour soutenir sa recapitalisation et sa modernisation.
En février 2026, le Trésor public kényan a ainsi lancé un appel à manifestations d’intérêt à l’international. Les autorités visent un partenaire prêt à injecter entre 154,8 et 258 milliards de shillings (1 à 1,7 milliard d'euros). L’État, qui détient 48,3% du capital, prévoit également de convertir 63 milliards de shillings (423 millions d'euros) de dettes en actions une fois l’opération finalisée.
Espoir Olodo, Agence Ecofin